Plusieurs ventes aux enchères de tableaux anciens à Paris

3/11/11 - Marché de l’art - Paris - A peine est-il né (on le baptise aujourd’hui, avec l’inauguration), le Salon Paris-Tableau, comme en son temps le Salon du Dessin, fédère autour de lui une grande quantité d’événements qui fait de Paris, pour quelques jours, sinon la capitale du marché de l’art, au moins celle du marché de l’art ancien. Nous en parlerons sur ce site dès lors qu’ils ont un intérêt pour l’histoire de l’art.


1. Claude Joseph Vernet (1714-1789)
Retour de pêche dans un port méditerranéen au soleil couchant,
un groupe d’Orientaux à droite
, 1780
huile sur cuivre - 40 x 47,5 cm
Paris, Brissonneau-Daguerre
Photo : Daguerre
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2. Gabriel François Doyen (1726-1806)
Louis XVI reçoit à Reims, après son sacre,
les hommages des chevaliers du Saint Esprit,
en tant que Grand Maître de l’Ordre, 13 juin 1775

huile sur toile - 89,5 x 127,5 cm
Paris, Brissonneau-Daguerre
Photo : Daguerre
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Quelques ventes aux enchères vont proposer ainsi, dans les prochains jours, des tableaux de qualité muséale, même si Christie’s et Sotheby’s n’ont pas organisé de vacations spéciales. On pourra se réjouir le jour où celles-ci vendront à Paris une partie des œuvres que l’on voit en décembre à Londres.
Premières à ouvrir le bal, les sociétés Daguerre et Brissonneau disperseront demain 4 novembre à Drouot plusieurs tableaux importants et inédits. Parmi ceux-ci, outre un Saint Joseph de Ribera et une Etude de chasseur sonnant du cor de Jacob Jordaens (dont un dessin préparatoire se trouve à Berlin), on retiendra surtout une Marine sur cuivre de Joseph Vernet, datée de 1780 (ill. 1), une Bérénice II d’Egypte d’Elisabetta Sirani, joliment signée et datée (1664) sur la broderie de la chemise, et la découverte d’un modello probable pour un tableau de Gabriel-François Doyen, autrefois conservé à Paris dans l’église des Grands Augustins à Paris, aujourd’hui à Versailles, représentant Louis XVI recevant les hommages des chevaliers du Saint Esprit (ill. 2).


3. École française vers 1630, entourage de Simon Vouet
Clovis, roi des Francs
huile sur toile - 134 x 98 cm
Paris, Audap-Mirabaud
Photo : Audap-Mirabaud
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4. Hendrick ter Brugghen (1588-1629), attribué à
Les disciples d’Emmaüs, vers 1616
huile sur toile - 141,5 x 206 cm
Paris, Audap-Mirabaud
Photo : Audap-Mirabaud
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Le 7 novembre, chez Audap-Mirabaud, les amateurs et les historiens de l’art (à défaut des musées qui sont hélas souvent rebutés par l’anonymat) seront particulièrement intéressés par deux splendides tableaux caravagesques.
Le premier qui semble peint par Nicolas Tournier (une attribution cependant non retenue), présenté comme une école française vers 1630, entourage de Vouet, représente Clovis, roi des Francs (ill. 3), une iconographie qui ne nous semble pas très fréquente.
Le second, Les disciples d’Emmaüs, évidemment dérivé des toiles de même sujet par Caravage, est « attribué à » Hendrick ter Brugghen (ill. 4) et connu par d’autres versions conservées au Kunsthistorisches Museum de Vienne, au Toledo Museum of Art et au château de Sans-Souci à Potsdam. La servante à droite est tellement proche de cet artiste qu’on a peine à croire qu’elle ne soit pas de lui, mais il est vrai qu’on pourrait penser que le tableau est peint par plusieurs mains.
On signalera aussi un tableau qui a été largement médiatisé, la Nymphe de la Source de Lucas Cranach.


5. Jean Jouvenet (1644-1717)
Le Père éternel, vers 1680
huile sur toile de forme ovale - 159 x 145 cm
Paris, Artcurial
Photo : Artcurial
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6. Hubert Robert (1733-1808)
L’Abreuvoir
huile sur toile à vue ovale - 74,5 x 62 cm
Paris, Artcurial
Photo : Artcurial
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Le 8 novembre, chez Artcurial, c’est un tableau provenant directement d’une autre église parisienne, l’une des plus prestigieuses qui soit puisqu’il s’agissait de la chapelle du Collège des Quatre-Nations, aujourd’hui Institut de France, qui retiendra notre attention. Il s’agit du Père éternel de Jean Jouvenet (ill. 5) dont on espère qu’il pourra être acquis par un musée tant il s’agit d’une œuvre patrimoniale de première importance, ne serait-ce que par sa qualité.
Le catalogue (nous n’avons pu voir encore directement les œuvres) – dont il faut signaler la qualité des notices très fouillées, qui vont au delà de ce qu’on voit habituellement pour une vente aux enchères – montre encore une belle Nymphe au bain de Carle van Loo, un grand Hubert Robert (ill. 6), particulièrement étrange par son sujet puisque l’on y voit des animaux à l’abreuvoir dans un temple qui ressemble furieusement au Panthéon de Rome (mais ce n’est pas tout à fait lui). Le traitement du faisceau lumineux qui arrive sur le groupe de bergers est saisissant.

Informations pratiques :

Vente de l’étude Daguerre et Brissonneau, Gravures, Dessins, Tableaux, Céramiques, Extrême-Orient, Objets d’art, Mobilier, Lustres, le vendredi 4 novembre 2011 à 14h30 à l’Hôtel Drouot-Richelieu, salle 4.

Vente de l’étude Audap-Mirabaud, Tableaux anciens, le lundi 7 novembre 2011 à 15h à l’Hôtel Drouot-Richelieu, salle 5.

Vente de l’étude Artcurial, Tableaux anciens et du XIXe siècle, sculptures du XIXe siècle, le mardi 8 novembre 2011 à 19h à l’Hôtel Marcel Dassault.

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