Portrait français du XVIe siècle à New York, galerie Kugel

24/1/19 - Marché de l’art - New York - La galerie Kugel nous a habitué à réunir dans des expositions de niveau muséal les pièces les plus rares et les plus exceptionnelles. Une fois de plus, mais cette fois à New York, elle réussit l’exploit de présenter des œuvres que l’on peut rarement voir sur le marché, et pratiquement jamais en si grand nombre simultanément.


1. Jean Perréal (vers 1455/1460-1530)
Homme inconnu, vers 1500
Huile sur panneau - 25,9 x 18,5 cm
Galerie Kugel
Photo : Galerie Kugel
Voir l´image dans sa page

Cette fois, les Kugel ont choisi le thème du portrait français du XVIe siècle. Mais pas n’importe lesquels : on trouve tout simplement ici réuni tous les plus grands artistes connus, même ceux dont le nombre de tableaux encore conservé est le plus rare. C’est ainsi qu’on peut y voir un portrait d’homme non identifié par Jean Perréal (ill. 1), peintre lyonnais dont l’œuvre connu est particulièrement réduit. Celui-ci était inédit. On trouve aussi un portrait de Corneille de Lyon et un autre de Charles IX par François Clouet, le seul de lui que l’on connaisse sur ardoise.


2. Léonard Limosin (vers 1505-1575)
Henri II, roi de France, vers 1553
Émail peint - 43,7 x 29,5 cm
Galerie Kugel
Photo : Galerie Kugel
Voir l´image dans sa page
3. Léonard Limosin (vers 1505-1575)
Catherine de Médicis, reine de France, vers 1553
Émail peint - 47,8 x 29, 4 cm
Galerie Kugel
Photo : Galerie Kugel
Voir l´image dans sa page

Plus remarquable encore peut-être est l’ensemble de portraits émaillés dus à Léonard Limosin. Deux d’entre eux sont des portraits royaux, ceux d’Henri II et de Catherine de Médicis (ill. 2 et 3). Un troisième représente Georges, cardinal d’Armagnac, lui même un proche d’Henri II. Mais notre préférence va peut-être à un petit médaillon à double face, toujours par Léonard Limosin, figurant sur l’avers Marguerite de Lorraine, et sur le revers deux femmes en deuil s’agenouillant devant la Vierge à l’Enfant sur un trône entourée d’anges musiciens (ill. 4). L’émail est de camaïeu de bleu sur fond blanc qui donne une tonalité un peu fantastique à cette scène, véritable miniature en émail. Là encore, on connaît très peu d’œuvres équivalentes.


4. Léonard Limosin (vers 1505-1575)
Marguerite de Lorraine (recto)
Deux veuves agenouillées devant la Vierge à l’Enfant en trône (verso), vers 1540
Émail peint - D. 8,8 cm
Galerie Kugel
Photo : Galerie Kugel
Voir l´image dans sa page
5. François Quesnel (1543-1619)
Jean de Brauvau Craon, 1598
Huile sur toile - 204,8 x 121,8 cm
Galerie Kugel
Photo : Galerie Kugel
Voir l´image dans sa page

On notera encore parmi d’autres émaux de Jean II Pénicaud ou Pierre Courteys deux grands tableaux en pied. L’un par Étienne Dumonstier est le portrait de Nicolas, seigneur de Beurville et de Fresne. L’autre par François Quesnel est celui de Jean de Beauvau Craon (ill. 5). On ne peut que regretter que cette toile ait quitté, probablement définitivement, le château d’Haroué pour lequel elle avait été peinte. Elle méritait, tout autant que son pendant Louis de Beauvau dont la localisation est aujourd’hui inconnue, d’être classée monument historique comme le furent d’autres œuvres qui devaient être vendues le 15 juin 2015 à l’hôtel Drouot (voir cet article).

L’exposition, qui vient d’ouvrir, ne dure que très peu de temps puisqu’elle se termine le 2 février. Elle dispose d’un gros et excellent catalogue rédigé par Alexandra Zvereva, spécialiste des portraits de la Renaissance française, aux éditions Monelle Hayot.

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.