Préemptions et achats : quatre œuvres du XIXe siècle pour le Musée Fabre

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26/6/19 - Acquisitions - Montpellier, Musée Fabre - Le Musée Fabre de Montpellier a pu préempter à deux reprises, hier et aujourd’hui, dans les ventes Christie’s et Sotheby’s. Une sculpture, et une peinture, toutes deux du XIXe siècle.



1. François-Joseph Duret (1732-1816)
Buste de Joseph Marie Vien, 1808
Marbre - 83 x 56 cm
Préempté par le Musée Fabre de Montpellier
Photo : Christie’s
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2. Louis-Pierre Deseine (1749-1822)
Buste de Joseph Marie Vien, 1787
Plâtre - 73 x 51 x 35 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Musée Fabre
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Hier donc, et pour 18 000 € (sans les frais), le musée a acquis un buste (ill. 1) « représentant probablement Joseph-Marie Vien » « attribué à François-Joseph Duret ». En réalité, comme les recherches du musée ont pu le montrer, les précautions sont inutiles. Il s’agit bel et bien d’un buste de Vien par François-Joseph Duret, père du sculpteur romantique Francisque Duret auteur de la statue éponyme de la fontaine Saint-Michel.
Vien est une personnalité importante pour Montpellier, sa ville natale, qui souhaite prochainement lui consacrer une rétrospective. Nommé sénateur en 1799, le peintre mourut en 1808. Entre 1806 et 1810 fut passée commande à divers sculpteurs des bustes des sénateurs morts pendant l’Empire. Parmi eux, celui de Vien fut exécuté par Duret, d’après le masque funéraire que lui avait prêté Louis-Pierre Deseine, lui-même auteur d’un buste de Vien. Au début du XIXe siècle, en raison des déménagements des bustes, certains d’entre eux furent rendus à la famille des modèles ou disparurent. Celui de Vien ne se retrouve plus aujourd’hui au Sénat, et tout laisse penser qu’il s’agit de celui que vient d’acquérir le Musée Fabre. Il viendra y rejoindre le buste exécuté par Louis-Pierre Deseine (ill. 2), présenté au Salon de 1787, acheté par Montpellier en 1951. Les deux œuvres sont assez proches, à l’exception des costumes qui portent la marque de l’époque de leur exécution.


3. Alexandre Cabanel (1823-1889)
Portrait de Louise Marès, 1851
Huile sur toile - 101 x 83,5 cm
Préempté par le Musée Fabre de Montpellier
Photo : Sotheby’s
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4. Alexandre Cabanel (1823-1889)
Portrait de Madame Marès, 1851
Huile sur toile - 105,3 x 90,2 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Musée Fabre
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L’autre préemption a eu lieu aujourd’hui 26 juin dans la vente Sotheby’s. Il s’agit du Portrait de Mademoiselle Louise Marès par Alexandre Cabanel (ill. 3). L’importance de ce peintre pour Montpellier, auquel le Musée Fabre a consacré une rétrospective en 2010 (voir l’article), n’est plus à démontrer. Le modèle appartient à une famille importante pour la vie artistique à Montpellier au XIXe siècle. Sa mère, dont le portrait par Cabanel est déjà conservé par le musée (ill. 4), outre qu’elle présidait le cercle philharmonique de Montpellier et qu’elle était membre de la Société artistique de l’Hérault, tint un salon littéraire et artistique que fréquenta Cabanel. Celui-ci, outre le portrait de Madame Marès et de sa fille, peignit aussi celui de son fils Léon Marès (château de Montrottier) et à deux reprises celui de leur frère Henri Marès (localisations inconnues).


5. Octave Tassaert (1800-1874)
Madeleine expirant, 1857
Huile sur toile - 73 x 58 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Musée Fabre
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Profitons de cette brève pour parler ici de deux autres œuvres du XIXe siècle récemment acquises par Montpellier, cette fois directement auprès de marchands.
La première est une toile d’Octave Tassaert (ill. 5), autre artiste important pour Montpellier, non pour son lieu de naissance (il a vu le jour à Paris) mais parce qu’il était un des artistes favoris d’Alfred Bruyas, l’autre bienfaiteur du Musée Fabre. L’œuvre, achetée auprès d’Étienne Bréton, est une Madeleine expirant exposée au Salon de 1857. L’artiste, connu pour ses représentations doloristes de pauvres gens transcrit ainsi dans un langage religieux ce qu’il représente souvent dans une scène profane : une jeune femme mourant. En 2006, le musée avait acquis en 2007 une autre peinture de l’artiste représentant L’Ange et l’enfant, autre illustration de ce mélange entre la scène de genre et la religion (voir la brève du 15/12/07). Comme dans ce dernier tableau, Tassaert montre ici une forte influence de Delacroix qui se mêle à une veine plus réaliste.


6. Alexandre Hesse (1806-1879)
MLouis XIV signant les ordonnances constitutives
de la Marine française
, vers 1854-55
Huile sur toile - 33 x 18 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Musée Fabre
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7. Alexandre Cabanel (1823-1889)
Richelieu et Louis XIII, vers 1854-55
Huile sur toile - 33 x 17,8 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Musée Fabre
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C’est enfin sur une esquisse bien différente d’inspiration que se clôt cet article, avec une œuvre offerte par un mécène, Jean-Marc Bardou, qui l’a acquise chez Stéphane Rouvet. Il s’agit en effet d’une étude représentant Louis XIV signant les ordonnances constitutives de la Marine française par Alexandre Hesse (ill. 6) préparatoire au décor du Salon des Messagers d’État au palais du Luxembourg (le Sénat), peinte dans un style néo XVIIe qui cadre bien avec son sujet. Plusieurs tableaux furent peints pour cette pièce de la Monarchie de Juillet au Second Empire. Alexandre Cabanel y avait ainsi réalisé Louis XIII et Richelieu qui fait pendant à la peinture d’Alexandre Hesse. Cette esquisse vient rejoindre au musée celle de Cabanel (ill. 7) qui avait été acquise en 2012 (et dont l’entrée au musée nous avait échappé - une fois n’est pas coutume.)

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