Quatre acquisitions du Musée Fabre

14/12/17 - Acquisitions - Montpellier, Musée Fabre - Le Musée Fabre s’est encore récemment enrichi de plusieurs tableaux et dessin, dont deux ont été acquis en vente publique à l’hôtel Drouot. Le 1er décembre en effet, dans une vente Leclère consacrée au XIXe siècle, Montpellier a pu préempter, pour 41 000 € hors frais, une grande peinture de Théodore Gudin représentant le Mont Saint-Michel dans la tempête (ill. 1). Datant de 1830, elle montre son aspect avant les transformations importantes dues aux restaurations des élèves de Violet-le-Duc Paul Gout et Édouard Corroyer, et notamment la reconstruction de la grande flèche couronnée du saint Michel de Frémiet.


1. Théodore Gudin (1802-1880)
Le Mont-Saint-Michel sous l’orage, 1830
Huile sur toile - 97 x 138 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : SVV Leclère
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2. Eugène Isabey (1803-1886)
La Tempête - Naufrage, 1835
Huile sur toile - 65 x 82 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Musée Fabre
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Théodore Gudin, élève de Girodet, se spécialisa très tôt dans les peintures de marine et fut d’ailleurs le premier peintre officiel de la Marine nommé par Louis-Philippe en 1830. Cette toile ira rejoindre, dans la salle consacrée aux peintures romantiques, une autre peinture de tempête, d’un esprit très proche, due à Eugène Isabey (ill. 2). Les deux artistes firent partie ensemble de l’expédition militaire de 1830 à Alger où furent emmenés plusieurs artistes dans un objectif de propagande.


3. Pierre-Paul Prudh’on (1758-1823)
Autoportrait
Plume et encre brune - 14 x 11,2 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Audap & Mirabaud
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4. Alphonse Leroy (1820-1902)
d’après Pierre-Paul Prudh’on (1758-1823)
Autoportrait, 1782-1783
Estampe
Photo : BnF
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Un dessin avait également été acquis par Montpellier à l’hôtel Drouot quelques jours plus tôt le 29 novembre dans la vente Audap & Mirabeau pour 16 500 € (hors frais). Il s’agit d’un autoportrait de jeunesse de Pierre-Paul Prud’hon (ill. 3) d’un style encore très « XVIIIe siècle », bien différent de celui qu’on lui connaîtra plus tard. Bien que présenté prudemment comme « autoportrait présumé », Sylvain Laveissière, le spécialiste de l’artiste, nous a aimablement confirmé l’identification et reviendra plus en détail sur cette œuvre dans une prochaine publication. Il nous a notamment signalé que la physionomie de Prud’hon se retrouve très proche dans une gravure de Leroy d’après un autre autoportrait en miniature (ill. 4).


5. François-Xavier Fabre (1766-1837)
Le Martyre de sainte Agnès
Plume, encre brune, lavis gris sur
graphite avec mise au carreau - 57 x 48 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Galerie Michel Descours
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Le musée a également acheté, auprès de la galerie Michel Descours à Lyon, deux œuvres néoclassiques. La première est un dessin de François-Xavier Fabre, peintre éponyme du musée, représentant Le Martyre de sainte Agnès (ill. 5), que nous avions déjà remarqué en 2015 dans un salon (voir l’article). La feuille, exécutée à Florence et qui ne prépare aucune composition connue, montre l’influence que les peintres baroques purent avoir sur Fabre en Italie. Tant dans son sujet, une scène de martyre verticale traitée comme dans un retable, que dans sa technique, cette scène de martyre évoque l’influence d’artistes tels que Pierre de Cortone ou ses suiveurs.


6. Guillaume Guillon-Lethière (1760-1832
La Mort de César
Huile sur toile - 49,5 x 72 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Galerie Michel Descours
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7. Guillaume Guillon-Lethière (1760-1832
Marius à Minturnes
Plue, lavis d’encre brune, rehauts de blanc
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Musée Fabre
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La seconde œuvre acquise auprès de cette galerie est une huile sur toile de Guillaume Guillon-Lethière représentant La Mort de César (ill. 6). Bien que n’ayant obtenu que le Second grand prix au concours du prix de Rome, Guillon-Lethière, élève de Doyen, se voit néanmoins nommé pensionnaire à l’Académie de France à Rome en 1786. Il y conçut le projet d’un cycle décoratif consacrés à quatre événements marquants de l’histoire de Rome. Il en acheva deux, Brutus condamnant ses fils à mort et La Mort de Virginie, tandis que les deux autres La Défaite de Maxence contre Constantin et La Mort de César restèrent à l’état d’études préparatoires. De cette dernière composition, on connaît un grand dessin et une esquisse peinte. Celle acquise par le Musée Fabre en est une autre version, avec peu de différences.
Montpellier ne possédait jusqu’ici qu’un dessin de Guillon-Lethière représentant Marius à Minturnes légué par François-Xavier Fabre (ill. 7). L’achat de cette esquisse permet donc de représenter cet artiste au musée par une peinture typique de sa manière, une composition néoclassique mouvementée, avec de nombreux personnages sur un fond architectural.

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