Récentes acquisitions du musée de Stockholm

1. Johan Vilhelm Gertner (1818-1871)
Bertel Thorvaldsen dans son atelier, vers 1840
Huile sur papier marouflé sur toile - 32,4 x 24,5 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Talabardon et Gautier
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30/3/19 - Acquisition - Stockholm, Nationalmuseum - Les conservateurs étaient au rendez-vous de la TEFAF et les acquisitions de musées y ont été nombreuses. Ainsi, le Nationalmuseum a pu acheter à la Galerie Talabardon & Gautier un portrait du sculpteur Bertel Thorvaldsen peint par Johan Vilhelm Gertner (ill. 1).

Élève de Christoffer Wilhelm Eckersberg, que l’on considère comme « le père de la peinture danoise », Gertner appartint à la dernière génération d’un âge d’or marqué par la quête d’une identité nationale. Lui qui s’imposa dans le genre du portrait était jeune encore lorsqu’il entreprit de peindre Bertel Thorvaldsen, sculpteur de renommée internationale qui fut représenté par les artistes les plus réputés, de Wilhelm Eckersberg à Horace Vernet.
Gertner instaure une mise en abyme en montrant l’artiste près de son Autoportrait avec la statue de l’Espérance. Il est en train de travailler au relief de L’Entrée de Jérusalem. Gertner étudia l’autoportrait et le relief sculptés par le maître, qu’il dessina à plusieurs reprises.

On connaît plusieurs versions de ce portrait. Comme le signalent Talabardon & Gautier, elles étaient destinées à des clients de Thorvaldsen à qui Gertner avait offert le modèle original. La peinture du musée de Stockholm, une huile sur papier, est sans doute la première pensée de la composition ; plusieurs repentirs sont d’ailleurs visibles . Les autres versions, peintes sur toile et sur bois, sont conservées à la Kunsthalle de Hambourg, château de Jaegerspris, Hans Christian Andersen Museum d’Odense, ainsi qu’au Thorvaldsen Museum qui possède aussi plusieurs dessins, notamment une étude détaillée du visage. Toutes ne sont pas strictement identiques : parfois l’autoportrait sculpté est absent, le relief aussi. Par ailleurs le modèle est plus ou moins idéalisé, tandis que la peinture du musée de Stockholm représente le sculpteur avec un réalisme précis, le visage marqué par le temps.
Gertner peignit un autre portrait deux ans plus tard, également conservé au Thorvaldsens Museum.

2. Thomas Fearnley (1802-1842)
Palerme et le Mont Pellegrino, 1833
Huile sur papier, sur toile - 32 x 51 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Day & Faber
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Autre acquisition du Nationalmuseum au cours de la Tefaf, cette fois-ci auprès de la galerie Day & Faber : une vue de la baie de Palerme représentée par l’une des figures du romantisme norvégien, Thomas Fearnley (ill. 2). L’artiste alterna les petites esquisses à l’huile comme celle-ci, et les paysages plus imposants et savamment composés.
Il se forma d’abord à l’École royale de dessin d’Oslo puis à l’Académie des beaux-arts de Copenhague et à celle de Stockholm. Puis il voyagea, à Dresde tout d’abord, où il séjourna entre 1828 et 1830 et fut l’élève de J. C. Dahl. Il se rendit à Munich ensuite et se lia avec Morgenstern, puis en Italie en 1833 où il fréquenta l’entourage de Thorvaldsen.
Cette étude a été réalisée lors du deuxième séjour de Fearnley à Palerme. Il représenta à plusieurs reprises le Mont Pellegrino. Peut-être avait-il vu à Munich le paysage de l’Allemand Carl Rottmann qui en 1828 adoptait le même point de vue.
Cette oeuvre rejoint dans les collections plusieurs oeuvres de Fearnley qui témoignent de ses voyages et de son goût pour une nature spectaculaire, de Capri au Tyrol.


3. Jeremiah Meyer (1735-1789)
Garçon à la veste bleue, années 1780
Ivoire - 8,7 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Nationalmuseum
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4. Ozias Humphry (1742 - 1810)
Portrait de Suliman Aga Le Luna, 1782
Aquarelle, gouache sur ivoire - 9,6 x 7,4 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Nationalmuseum
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Le musée avait en outre acheté trois portraits miniatures dans des ventes aux enchères au cours de l’année 2018, réalisés par trois Anglais des XVIIIe et XIXe siècles, Jeremiah Meyer, Ozias Humphry et John Cox Dillman Engleheart, dont plusieurs œuvres se trouvent déjà dans sa très riche collection de miniatures.
De Jeremiah Meyer, le portrait d’un jeune homme sur ivoire a été adjugé 11 250 livres (frais compris) chez Christie’s à Londres le 4 juillet 2018 (ill. 3). Né à Tübingen, Meyer fit toute sa carrière en Angleterre ; il se forma à Londres auprès de Christian Friedrich Zincke, devint en 1764 peintre miniaturiste de la reine Charlotte et peintre en émail du roi George III, et fut l’un des fondateurs de la Royal Academy en 1768.

5. John Cox Dillman Engleheart (1782/1784-1862)
Famille Barker, années 1820
Ivoire - 15 x 19,5 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Nationalmuseum
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Humphry est quant à lui l’auteur du portrait sur ivoire de Suliman Aga de Luna (ill. 4) ; passé en vente chez Sotheby’s le 6 décembre 2018 à Londres et adjugé 18 750 livres, il fut, comme l’inscription l’indique à son revers, réalisé à la demande de la duchesse de Richmond en 1782. La présence d’un représentant de la régence de Tripoli à Londres à cette époque est sans doute liée à la politique du gouvernement britannique pour lutter contre la piraterie encouragée par les États barbaresques en Méditerranée.
Humphry voyagea en Italie entre 1773 et 1777 puis se rendit en Inde entre 1785 et 1787. À son retour, sa vue défaillante le contraignit à abandonner la peinture.

John Cox Dillman Engleheart enfin, était le neveu du miniaturiste George Engleheart auprès duquel il se forma. Réalisé dans les années 1820, le portrait de la famille Barker - l’artiste épousa Mary Barker - a été adjugé 4000 livres chez Christie’s à Londres le 13 septembre 2018 (ill. 5). Il montre la volonté d’Engleheart de défier la peinture à l’huile.

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