Récentes acquisitions du Musée des Beaux-Arts de Montréal

12/6/11 - Acquisitions - Montréal, Musée des Beaux-Arts - Toujours très actif sur le front des acquisitions, le Musée des Beaux-Arts de Montréal a par ailleurs lancé l’année dernière l’opération « Don du 150e » qui consistait à célébrer l’anniversaire de la création du musée en suscitant d’importantes donations de la part des mécènes (voir brève du 12/9/10).


1. Claude François, dit Frère Luc (1614-1685)
Christ mort
Huile sur toile - 64 x 86 cm
Montréal, Musée des Beaux-Arts
Photo : Stéphane Grodée
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2. Claude François, dit Frère Luc (1614-1685)
Etudes pour le Christ mort
Sanguine rehaussée de craie blanche - 29,2 x 41,8 cm
Paris, Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts
Photo : ENSBA
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Le résultat a été spectaculaire puisque de nouvelles œuvres importantes sont ainsi entrées dans les collections ces derniers mois. Mais des acquisitions ont également été faites à titre onéreux.
C’est ainsi qu’un tableau de Claude François, dit Frère Luc, un artiste bien connu des lecteurs de La Tribune de l’Art car nous avons souvent l’occasion d’en parler, a pu être acheté il y a quelques semaines en France chez Stéphane Grodée (ill. 1). Rappelons que ce peintre avait séjourné au Québec en 1670-1671 et que le musée avait déjà acquis un petit tableau de lui en 2008 (voir brève du 17/4/08).
Ce Christ mort, totalement inédit, est très proche dans son sujet et dans sa composition d’un tableau dont nous avions relaté la découverte dans un article paru l’année dernière (voir la brève du 21/11/10). Nous écrivions alors que cette manière de représenter le Christ était presque unique dans la peinture du XVIIe siècle. Manifestement, l’artiste avait dû être satisfait du résultat puisqu’il le peignit au moins deux fois dans une position similaire, les deux tableaux étant réapparus à peine à quelques mois d’intervalle. Les dessins connus de Frère Luc sont très rares mais l’un d’entre eux, conservé à l’Ecole des Beaux-Arts (ill. 2), est préparatoire à cette œuvre (ill. 2).


3. Giovanni Battista Gaulli, dit il Baciccio (1639-1709)
Ecce Agnus Dei, vers 1700
Huile sur toile - 129,5 x 102,5
Montréal, Musée des Beaux-Arts
Photo : Piacenti Art Gallery
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Une toile de Giovanni Battista Gaulli, dit Baciccio, elle aussi récemment retrouvée et publiée par Francesco Petrucci dans son catalogue raisonné, avait pu entrer il y a quelques mois dans les collections montréalaises, acquise de la Piacenti Art Gallery de Londres (ill. 3).
Représentant Saint Jean-Baptiste désignant le Christ (Ecce agnus dei, c’est-à-dire Voici l’agneau de Dieu, ce tableau, comme le fait remarquer Hilliard T. Goldfarb, le conservateur en charge des peintures anciennes dans le journal du Musée des Beaux-Arts (mai-août 2011), est directement inspiré d’une œuvre d’Annibal Carrache récemment entrée au Metropolitan Museum (voir la brève du 9/6/10). Il date des années 1700, soit de la fin de la carrière de l’artiste.


4. Louis Dulongpré (1759-1843)
La Cène, d’après Jean Restout, vers 1805-1810
Huile sur toile - 98 x 80
Montréal, Musée des Beaux-Arts (don promis)
Photo : Musée des Beaux-Arts de Montréal
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Parmi les peintures anciennes, on signalera également celle d’un artiste canadien, Louis Dulongpré, exécutée d’après une copie ancienne de La Cène de Jean Restout conservée dans la basilique Notre-Dame de Montréal [1] (ill. 4), don promis par Mario Brodeur.

Peintre originaire de Toulouse (le Musée des Augustins prépare d’ailleurs une rétrospective sur ce peintre), Benjamin-Constant est particulièrement bien représenté à Montréal puisque le musée possédait déjà trois œuvres de lui.
Le Flamand Rose (ill. 5) a été offert par Michèle Stora. Il s’agit d’une toile orientaliste peinte par l’artiste en 1876, quatre ans après le voyage qu’il effectua au Maroc en 1872. Marqué par ce pays comme le furent bien des artistes avant lui, dont Eugène Delacroix, Benjamin-Constant exposa par la suite de nombreuses œuvres à sujet orientaliste. On voit ici une femme et sa servante tenter d’attirer un flamand rose avec une orange. Le peintre avait eu l’occasion de voir l’intérieur d’un harem (alors que les femmes étaient absentes), ce qui lui donna suffisamment d’éléments pour reconstituer, avec un réalisme certain, l’intérieur de ce lieu objet de tous les fantasmes.


5. Jean-Joseph Benjamin-Constant (1845-1902)
Le flamant rose, 1876
Huile sur toile - 65,3 x 92 cm
Montréal, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Montréal
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6. Alfred Boisseau (1823-1901)
Des cochers à Montréal se disputent un client, 1883
Huile sur toile - 68,6 x 112,7 cm
Montréal, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Montréal
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La section canadienne du musée s’enrichit régulièrement d’œuvres par des artistes que l’on connaît peu, voire pas du tout en France.
C’est le cas d’Alfred Boisseau, un peintre pourtant parisien, né en 1823 et élève de Paul Delaroche, mais qui partit vers 1844 pour La Nouvelle-Orléans avant de s’installer à Cleveland puis, en 1861, à Montréal, avant de quitter le Canada en 1888 pour Buffalo, dans l’Etat de New York, où il mourut en 1901 [2]. Alfred Boisseau pratiquait également la photographie. Le tableau acquis par le musée représente une scène se déroulant sur la Place d’Armes de Montréal près de laquelle se trouvait son studio (ill. 6).


7. Martin-Guillaume Biennais (1764-1843)
Cafetière, entre 1798 et 1809
Argent et bois - 18 x 13,4 x 9,5 cm
Montréal, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Montréal
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8. Abel-Etienne Giroux (actif à partir de 1798)
Vase couvert, entre 1798 et 1809
Argent - H. 38,5 cm, D. 16,4 cm
Montréal, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Montréal
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En 2009, le Musée des Beaux-Arts avait ouvert des salles dédiées à la collection napoléonienne offerte par Ben Weider (voir la brève du 13/10/09). On pouvait y voir aussi, dans une grande vitrine, un important don par Serge Joyal de 32 pièces d’orfèvrerie civile française du début du XIXe siècle. Celui-ci vient de renouveler son geste en en remettant 67 nouvelles au musée, datées entre 1798 et 1819, à l’exception de deux portant encore des poinçons de l’Ancien Régime. Pas moins de 40 orfèvres sont représentés, parmi lesquels Martin-Guillaume Biennais (ill. 7) et Jean-Baptiste-Claude Odiot.
Signalons enfin, parmi les autres acquisitions récentes, la première édition complète des 80 gravures des Désastres de la guerre de Goya offerte par Erin et Joe Battat en l’honneur de Michal Hornstein, trente pièces d’orfèvrerie québécoise des XIXe et XXe siècles offertes par Serge Joyal et quinze œuvres Art Déco des Verreries Schneider provenant de la collection Jeff Rose et Sandra Blake, sans parler de nombreux autres dons et achats concernant des domaines non couverts par La Tribune de l’Art.

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