Réouverture des salles XVIIIe siècle du Musée des Beaux-Arts d’Orléans

26/5/18 - Réouverture de salles - Orléans, Musée des Beaux-Arts - Après le deuxième étage (voir l’article) et la salle des grands formats (voir la brève du 17/1/18), le Musée des Beaux-Arts d’Orléans poursuit son réaménagement avec le premier étage et un parcours qui commence à la fin du XVIIe siècle et se termine avec le néoclassicisme, auquel s’ajoute un cabinet des dessins où les œuvres seront accrochées par roulement (ill. 2). Suivant l’excellente politique menée jusqu’à présent, le choix a été fait de sortir beaucoup d’œuvres des réserves et de proposer un accrochage dense qui permet de redécouvrir bien des tableaux et des sculptures. Le résultat est extrêmement réussi, notamment la salle intitulée « Vers un retour à l’antique : les arts sous Louis XV et Louis XVI » avec l’installation en son centre de plusieurs bustes de Houdon.


1. Salle Les Arts sous le Premier Empire
Musée des Beaux-Arts d’Orléans
Photo : Didier Rykner
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2. Cabinet des dessins
Musée des Beaux-Arts d’Orléans
Photo : Didier Rykner
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Le musée avait été si mal traité après le départ d’Annick Notter et jusqu’en 2015 qu’on avait fini par oublier à quel point ses collections sont riches, notamment pour le XVIIIe siècle. Le musée vient également de bénéficier de nombreux dépôts du Musée des Beaux-Arts de Chartres, actuellement en partie en travaux et dont le sort semble enfin s’éclaircir, dont l’extraordinaire Philoctète de Jean-Germain Drouais (ill. 3). On voit aussi six petits cartons de tapisserie pour la manufacture de Beauvais (cinq par Boucher - ill. 4) - et un par Jean-Baptiste Le Prince) rendus par l’Élysée au Mobilier National qui les a déposés à Orléans. Le règlement interdisant désormais à cette institution de déposer des œuvres antérieures au XVIIIe siècle en dehors des monuments historiques et des musées, ont peut espérer qu’ils resteront longtemps ici.


3. Jean-Germain Drouais
Philoctète sur l’île de Lemnos
Huile sur toile - 225 x 176 cm
Chartres, Musée des Beaux-Arts
déposé au Musée des Beaux-Arts d’Orléans
Photo : Didier Rykner
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4. François Boucher (1703-1770)
Projet pour un dossier de fauteuil : Fillette à la cage
Huile sur toile - 55 x 45 cm
Dépôt du Mobilier National
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Didier Rykner
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Si certains des plus grands noms de la peinture française sont représentés, parmi lesquels Boucher (ill. 5), Natoire, Hubert Robert ou encore Joseph Vernet (mais sans Watteau ni tableaux de fête galante), les collections renferment aussi nombre de tableaux de petits maîtres ou d’anonymes de très grande qualité, dont un relief italien (ill. 6 à 10).


5. François Boucher (1703-1770)
Le Pigeonnier ou Le moulin de Charenton
Huile sur toile - 72 x 91 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Didier Rykner
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6. Italie, 1707
Le Massacre des innocents
Terre cuite - 74 x 108 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Didier Rykner
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7. France, vers 1710-1720
Portrait d’un sculpteur
Huile sur toile
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Didier Rykner
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8. France, vers 1750-1760
Tête de vieillard
Huile sur toile
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Didier Rykner
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9. France, vers 1770
Portrait d’ecclésiastique
Huile sur toile
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Didier Rykner
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10. France, vers 1790
Portrait de femme, dit Portrait de la gouvernante des enfants
Huile sur toile
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Didier Rykner
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Lors d’une journée d’étude consacrée au XVIIIe siècle, qui a réuni il y a quelques semaines dans les salles du musées de nombreux spécialistes de cette période, l’un de ces tableaux orphelins a récupéré le nom de son auteur grâce à David Mandrella qui y a reconnu un important Jacob Van Loo (ill. 11).


11. Jacob Van Loo (1614-1670)
Portrait de femme
Huile sur toile
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Didier Rykner
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12. Jean-Baptiste Perronneau
Portrait de Monsieur de Grilleau et
Portrait de Madame de Grilleau
Présentation des pastels MNR
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Didier Rykner
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Les nouvelles acquisitions, et les lecteurs de La Tribune de l’Art savent qu’elles sont nombreuses, ont également trouvé leur place sur les cimaises, y compris celles les plus récemment entrées dans les collections. Le visiteur pourra donc voir les deux allégories des saisons de Pompeo Batoni dont nous avons parlé il y a quelques jours (voir la brève du 23/5/18), mais aussi l’esquisse pour la Résurrection du Christ de Jean-Baptiste Marie Pierre (voir la brève du 12/3/18), le Bacchus ivre par Jean-Jacques Bachelier (voir la brève du 11/1/18) ou encore les trois pastels par Jean-Baptiste Perronneau dont l’extraordinaire Portrait d’Aignant Thomas Desfriches (voir la brève du 8/6/16 et celle du 30/3/17).
Deux autres pastels de Perronneau, des « MNR » comme on les appelle (Musées Nationaux Récupération) car récupérés après la Seconde guerre mondiale et en attente, éventuellement, d’être rendus aux descendants de propriétaires juifs spoliés, sont mis à l’honneur dans la salle dédiée à cette technique, avec des cartels expliquant clairement leur statut (ill. 12). Elle ne s’allume que lorsque des visiteurs entrent, ce qui permet d’assurer une conservation en limitant le temps d’exposition à la lumière.


13. Olivier Carré, maire d’Orléans
et Olivia Voisin, directrice des musées
Photo : Didier Rykner
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Le maire d’Orléans, Olivier Carré, a souligné l’importance de ce devoir de mémoire et expliqué qu’en attendant une éventuelle restitution à leurs propriétaires, ces pastels déposés par l’État étaient dans leur « lieu naturel ». Tous ceux qui ont assisté au discours de l’élu ont été impressionnés par l’évident intérêt que celui-ci porte au patrimoine. Il a même déclaré que « quand on a une conservatrice de la qualité d’Olivia Voisin, on lui donne tous les moyens nécessaires pour travailler ». Nul doute que nous allons encore souvent parler des musées d’Orléans.

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