Rochegrosse et Pingret : acquisitions récentes du Musée des Beaux-Arts de Rouen

18/2/19 - Acquisitions - Rouen, Musée des Beaux-Arts - Le 12 février dernier, chez Artcurial, le Musée des Beaux-Arts de Rouen a pu préempter trois aquarelles de Georges Rochegrosse parmi un ensemble de feuilles de cet artiste qui étaient proposées à la vente. Ces acquisitions ont pu se faire grâce au financement de l’Association des Amis des musées de la ville de Rouen.

Ces trois œuvres sont des dessins préparatoires très aboutis pour les illustrations de Salammbô de Flaubert, qui furent gravées par Eugène-André Champollion pour l’édition publiée par A. Ferroud en 1900. Ces trois œuvres, qui se trouvent toutes dans le tome 2 de cette édition, représentent respectivement :


1. Georges Rochegrosse (1859-1938)
La Bataille du Macar
Aquarelle et rehauts de gouache sur trait
de crayon - 42,5 x 26 cm
Rouen, Musée des Beaux-Arts
Photo : Artcurial
Voir l´image dans sa page
2. Eugène-André Champollion (1848-1901)
d’après Georges Rochegrosse (1859-1938)
La Bataille du Macar
Eau-forte
Paris, Bibliothèque nationale de France
Photo : BnF
Voir l´image dans sa page

- La bataille de Macar (ill. 1 et 2) : Hamilcar, le chef carthaginois, gagne cette bataille grâce à l’intervention de ses éléphants, que l’on voit ici submerger les barbares libyens comme une véritable vague déferlante. Rochegrosse y montre son goût de l’excès et de la multitude de protagonistes, qui respecte d’ailleurs bien la prose de Flaubert. Outre la description épique de la bataille qui rend parfaitement cette impression de confusion extrême, celui-ci écrit : « on aurait dit un océan », ce qui correspond parfaitement à cette illustration.


3. Georges Rochegrosse (1859-1938)
Salammbô venue chercher le zaïmph repousse Mâtho qui lui déclare son amour
Aquarelle et rehauts de gouache sur trait
de crayon - 43 x 26 cm
Rouen, Musée des Beaux-Arts
Photo : Artcurial
Voir l´image dans sa page
4. Eugène-André Champollion (1848-1901)
d’après Georges Rochegrosse (1859-1938)
Salammbô venue chercher le zaïmph repousse Mâtho qui lui déclare son amour
Eau-forte
Paris, Bibliothèque nationale de France
Photo : BnF
Voir l´image dans sa page

- Salammbô venue chercher le zaïmph repousse Mâtho qui lui déclare son amour (ill. 3 et 4) : alors que l’armée d’Hamilcar est encerclée par les mercenaires, Salammbô pénètre dans la tente de leur chef Mâtho pour chercher le zaïmph (le voile sacré de la déesse Tanit). Mâtho tombe en pâmoison devant Salammbô. Là encore, Rochegrosse se montre très fidèle à Flaubert : « Il était à genoux, par terre, devant elle ; et il lui entourait la taille de ses deux bras, la tête en arrière, les mains errantes […] Salammbô était envahie par une mollesse où elle perdait toute conscience d’elle-même »


5. Georges Rochegrosse (1859-1938)
Carthage en joie
Aquarelle et rehauts de gouache sur trait
de crayon - 37,5 x 26,5 cm
Rouen, Musée des Beaux-Arts
Photo : Artcurial
Voir l´image dans sa page
6. Eugène-André Champollion (1848-1901)
d’après Georges Rochegrosse (1859-1938)
Carthage en joie
Eau-forte
Paris, Bibliothèque nationale de France
Photo : BnF
Voir l´image dans sa page

- Carthage en joie (ill. 5 et 6) : il s’agit de la première illustration du dernier chapitre : « Carthage était en joie, une joie profonde, universelle, démesurée, frénétique ; on avait bouché les trous des ruines, repeint les statues des Dieux, des branches de myrte parsemaient les rues, au coin des carrefours l’encens fumait, et la multitude sur les terrasses faisait avec ses vêtements bigarrés comme des tas de fleurs qui s’épanouissaient dans l’air. » Incontestablement, les illustrations en noir et blanc sont moins fortes que les aquarelles.

Rappelons que le Musée de Rouen conserve et expose l’une des toiles les plus impressionnantes de Rochegrosse, son Andromaque datée de 1883. Ces trois aquarelles nouvellement entrées dans ses collections (et adjugées respectivement 2000, 1600 et 900 € sans les frais) seront présentée en 2021 dans une exposition sur le roman de Flaubert que Rouen prépare en coproduction avec le MUCEM de Marseille et le Musée du Bardo à Tunis.


7. Édouard Pingret (1788-1875)
Portrait de François-Adrien Boieldieu et de son épouse, née Jenny Philis-Bertin, 1830
Huile sur toile - 56 x 46 cm
Rouen, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Rouen
Voir l´image dans sa page

Fin 2018, l’Association des amis avait par ailleurs acheté, auprès de Jacques Sargos à Bordeaux, un portrait peint par Édouard Pingret représentant le compositeur Boieldieu et son épouse (ill. 7), la cantatrice Jenny Philis Bertin. Le musée conserve un fonds d’œuvres consacré au compositeur de La Dame Blanche, qui est originaire de Rouen. Nous avions parlé de celui-ci à l’occasion de l’exposition-dossier qui lui avait été consacrée dans le cadre du Temps des Collections en 2012 (voir l’article).

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.