Un appel du G8 à Frédéric Mitterrand

Frédéric Mitterrand
Ministre de la Culture
Photo : Didier Rykner
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29/7/11Patrimoine – France Le 22 juillet dernier, le G8, c’est-à-dire les huit associations nationales de protection du patrimoine reconnues d’utilité publique, a adressé au ministre de la Culture (qu’il a également rencontré) un manifeste pour un aménagement du territoire et un urbanisme maîtrisé (que vous pouvez lire en intégralité ici).

Cet appel dénonce les « attaques systématiques » menées contre « les grandes lois de sauvegarde des sites, des paysages, des monuments et des quartiers urbains ». Il s’agit bien entendu, et il est dommage que les associations ne les citent pas nommément, ce qui contribue à affaiblir leur déclaration, du projet Apparu et du rapport Doligé auxquels nous avons consacré ici-même de longues analyses (à lire ici et ici).
Le G8 rappelle que « la norme d’urbanisme n’est nullement l’ennemie des projets » et il réclame que « la pre ?servation du caracte ?re historique des centres villes doit en tout e ?tat de cause être conforte ?e ». Il dénonce la diminution syste ?matique du rôle des architectes, et notamment des architectes des bâtiments de France, ainsi que les attaques contre les associations.
Le manifeste demande donc que l’Etat « veille au respect et a ? la mise en œuvre de ces principes » et « que les projets dont de ?pend le cadre de vie des Franc ?ais soient de ?battus au Parlement et non traite ?s par ordonnances » comme cela est prévu pour une grande partie des mesures préconisées par Benoît Apparu.

Lors de la rencontre entre les présidents des associations membres du G8 et Frédéric Mitterrand, ce dernier a fait un long discours pour protester de son amour du patrimoine. Celui-ci n’est pas en question. En revanche, le véritable problème est bien le manque de poids politique de Frédéric Mitterrand qui ne bénéficie pas des relais nécessaires parmi les élus pour faire contre-poids aux autres ministres. Pourtant, le ministre de la Culture a une véritable opportunité de s’opposer aux multiples attaques qui visent actuellement le patrimoine français : prendre publiquement, et fortement, position contre ces menaces qui viennent de l’intérieur même du gouvernement, supportées par une poignée de députés et de sénateurs particulièrement actifs. D’ici aux prochaines élections présidentielles après lesquelles, quel que soit le résultat, il est certain qu’il perdra de toute façon son portefeuille, Frédéric Mitterrand est pratiquement indéboulonnable, le président de la République ne pouvant se permettre désormais un nouveau remaniement ministériel. Le risque pour lui est donc nul. Si le neveu de François Mitterrand veut laisser son nom dans l’Histoire, il lui reste seulement quelques mois. Sinon, il restera comme le ministre ayant laissé mettre à bas un siècle de protection du patrimoine en France.

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