Un buste de Jean Rivière préempté par le Musée des Augustins

Jean Rivière (1853 - 1922)
Théodora, vers 1891
Plâtre polychrome - H. 81 cm
Toulouse, Musée des Augustins
Photo : Sotheby’s
Voir l´image dans sa page

20/8/18 - Acquisition - Toulouse, Musée des Augustins - Sainte ou prostituée, selon les points de vue - ce n’est d’ailleurs pas incompatible - Théodora fut en tout cas une femme de pouvoir dans l’Empire byzantin. Épouse de Justinien en 525, elle fut proclamée impératrice lorsque celui-ci monta sur le trône en 527.
Son personnage fut en vogue dans les années 1880 grâce au succès de la pièce de Victorien Sardou jouée en 1884 à Paris, dans laquelle elle était incarnée par Sarah Bernhardt.

L’artiste toulousain Jean Rivière conçut vers 1891 un haut-relief en plâtre polychrome la montrant en buste, altière et richement parée. Ses traits ne sont d’ailleurs pas sans rappeler ceux de Sarah Bernard. Le petit personnage assis dans une niche sous l’impératrice est difficilement identifiable. S’agiti-il de Justinien ? Du Christ ? Rien n’est certain.
L’œuvre a été adjugée 16 900 euros (avec les frais) et préemptée par le Musée des Augustins lors de la vente organisée par Sotheby’s le 21 juin dernier.

Jean Rivière se forma à l’Ecole des Beaux-Arts de Toulouse, puis il y enseigna la sculpture ornementale. Ses œuvres sont peu présentes dans les collections publiques. Il exposa pourtant au Salon des artistes français entre 1882 et 1896 ainsi qu’à l’Union artistique de Toulouse entre 1885 et 1922. On lui doit des sculptures religieuses, des monuments funéraires, des reliefs également commandés par la ville de Toulouse pour le Capitole ou la nouvelle aile du Musée des Augustins. Il réalisa aussi des portraits historiques - Jeanne d’Arc, Charles le Téméraire... - dans des médaillons en plâtre coloré, en bronze ou en étain.
Charlotte Riou, conservatrice, signale dans la notice du musée que le buste de Théodora fut exposé au salon de 1891 comme « médaillon florentin », référence aux sculptures florentines en terre cuite polychrome ou émaillée. L’œuvre illustre ce renouveau de la sculpture polychrome qui apparaît entre 1850 et 1910 et auquel le Musée d’Orsay a consacré une exposition récemment (voir l’article).
Elle figurera bien sûr dans l’exposition sur Byzance que le musée des Augustins prévoit en 2022.

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.