Un buste de Joseph Nollekens acquis par le Musée Fabre

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Joseph Nollekens (1737-1823)
Henry Vassall-Fox, 3ème Baron Holland, 1799
Marbre - H. 69 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Christie’s
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23/5/18 - Acquisition - Montpellier, Musée Fabre - Un nouveau très bel achat vient enrichir les collections du Musée Fabre de Montpellier. Il s’agit cette fois d’un buste en marbre de Henry Vassall-Fox, Lord Holland, par le sculpteur anglais néoclassique Joseph Nollekens, emporté aux enchères chez Christie’s Londres aujourd’hui 23 mai pour 33 750 £ (frais inclus), soit l’équivalent de 38 500 €, un prix d’ailleurs très raisonnable pour une œuvre de cette importance.

Fils d’un peintre d’origine anversoise installé à Londres, Nollekens y fut l’élève de Peter Scheemakers, un autre Flamand. Il se rendit à Rome en 1760 où il passa dix ans, copiant et restaurant des antiques qu’il vendait ensuite en Angleterre. Après son retour à Londres, il mena une longue carrière, sculptant un grand nombre de monuments, bustes et figures allégoriques. Il devint membre de la Royal Academy en 1772.

Le portrait acquis par le Musée Fabre fut commandé par l’oncle du modèle, le célèbre parlementaire du parti Whig Charles James Fox, qui fut notamment secrétaire d’état aux affaires étrangères. Son buste par Nollekens est conservé au Victoria & Albert Museum, et un autre exemplaire était également proposé dans la même vente Christie’s. Celui d’Henry Vassall-Fox fut installé dans le Temple de l’Amitié, une folie construire dans la propriété de Charles James Fox où celui-ci s’était retiré à la fin de sa vie avec son épouse et qui n’existe plus aujourd’hui.

Lord Holland revêt une importance particulière pour Montpellier en raison de ses liens avec François-Xavier Fabre. Il fut en effet l’ami du peintre qu’il avait rencontré à Florence lors de son Grand Tour entre 1794 et 1796. Fabre peignit son portrait à mi-corps (Londres, The National Portrait Gallery) ainsi qu’un autre portrait en collection particulière (en pied, mais coupé plus tard à la taille). Il commanda également à Fabre deux pendants, Marius à Minturne (1796) et Ariane et Thésée à l’entrée du labyrinthe (1797) toujours conservés dans une collection anglaise. Une correspondance entre les deux hommes (jusqu’en 1799, par ailleurs date de ce buste) est conservée aux British Museum. L’acquisition de cette œuvre permet ainsi d’évoquer un mécène de Fabre, tout en enrichissant de belle manière une collection déjà conséquente de sculptures néoclassiques. Sauf erreur, le Musée Fabre semble être le premier musée français à pouvoir désormais exposer une sculpture de Joseph Nollekens.

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