Un buste de Nazon par Emile Bourdelle acquis par le musée de Boston

9/7/19 - Acquisition - Boston, Museum of Fine Arts - « La tête de Nazon m’a toujours rappelé le buste d’Homère. Crinière et barbe blanche, maigreur ascétique, démarche fatiguée, regard lointain et intérieur à la fois, il donne l’impression qu’il est le grand prêtre d’une foi profonde, d’une foi en une religion connue de quelques autres hommes seulement. » Antoine Bourdelle entreprit de sculpter un buste de son ami Henri Nazon, plus grand que nature, qu’il exposa au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts de 1893, l’année même où Rodin l’engagea comme praticien. De fait, l’œuvre témoigne des débuts de l’artiste, et de l’influence du maître dans le choix de laisser visible le travail du sculpteur.


Émile-Antoine Bourdelle (1861-1929)
Buste du peintre Henri Nazon, 1893
Terre cuite - 66,5 x 59,5 x 38,5 cm
Boston, Museum of Fine Arts
Photo : Talabardon et Gautier
Voir l´image dans sa page

François-Henri Nazon fut quant à lui peintre de paysage proche de l’École de Barbizon, qui exposa au Salon entre 1848 et 1879 ; ne rencontrant plus de succès, il abandonna la peinture. On connaît plusieurs portraits de lui, une photographie de Carjat, une peinture de Jean-Léon Gérôme et une aquarelle d’Auguste-Denis Raffet. Il mourut en 1902 à Montauban où un monument à sa mémoire fut inauguré en 1912 : c’était un buste en bronze réalisé par Auguste-Ferdinand Andrieu (fondu pendant l’Occupation), qui semblait directement inspiré du portrait de Bourdelle qui s’en agaça.

La terre cuite resta dans la famille Nazon jusqu’à son apparition sur le marché en 2017. Elle a finalement été vendue par la Galerie Talabardon et Gautier au Museum of Fine Arts de Boston. Il est dommage qu’elle ne rejoigne pas les collections du Musée Bourdelle qui conserve quant à lui l’unique version en bronze réalisée bien plus tard, en 1926. Bourdelle en fit la demande dans une lettre adressée à la veuve de Nazon et confia au mouleur Benedetti le soin de prendre l’empreinte de la terre cuite, lui envoyant ses instructions dans une autre lettre accompagnée d’un croquis.

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.