Un Cimabue bientôt en vente à Senlis et un primitif de Bohême à Dijon

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23/9/19 - Marché de l’art - Senlis et Dijon - Le panneau était considéré par ses propriétaires comme une simple icône. Une icône, cela en est une assurément puisqu’il s’agit d’un petit panneau de Cimabue. Quand on sait que cet artiste est sans doute le premier génie de la peinture occidentale, et que le nombre d’œuvres conservées de celui-ci est réduit à onze, on comprend qu’il s’agit ici d’un événement majeur.


1. Cenni di Pepo, dit Cimabue (connu de 1272 à 1302)
La Dérision du Christ
Tempéra et or sur panneau - 24,6 x 19,6 cm
Vente à Senlis le 27 octobre 2019
Photo : Actéon
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Cette Dérision du Christ était conservée dans une maison de Compiègne, sans que ses propriétaires aient eu la moindre idée de ce qu’ils possédaient. Elle provient d’un diptyque dont chaque volet comportait quatre scènes de la Passion. Sur les huit, seules deux étaient connues : La Vierge et l’enfant au trône entre deux anges (ill. 2) conservée à la National Gallery of Art et La Flagellation (ill. 3) appartenant à la Frick Collection. La comparaison rend immédiatement évident l’attribution qui, contrairement parfois à d’autres découvertes, ne souffre aucune contestation, d’autant que des détails techniques similaires se retrouvent sur les trois panneaux
Le tableau de la Frick avait été acheté par la Frick à Paris. Celui de Londres est réapparu en 2000 et fut acquis par la National Gallery en 2001. Il était en Angleterre depuis les années 1820-1830.
L’estimation est de 4 à 6 millions d’euros. Il devrait être vendu par le groupe Actéon le 27 octobre à Senlis à 15 h 30.


2. Cenni di Pepo, dit Cimabue (connu de 1272 à 1302)
La Vierge et l’enfant au trône entouré de deux anges
Tempéra et or sur panneau
Londres, National Gallery
Photo : National Gallery
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3. Cenni di Pepo, dit Cimabue (connu de 1272 à 1302)
La Flagellation
Tempéra et or sur panneau
New York, The Frick Collection
Photo : Thé Frick Collection
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Le second tableau est une Vierge à l’enfant (ill. 4) qui portait au dos le nom de Cimabue mais qui cette fois n’est pas de lui. Là encore, la famille propriétaire n’était pas consciente de posséder une œuvre importante. Il s’agit, comme l’a identifié Marianne Lonjeon, d’une œuvre du Maître de Vissy Brod, un artiste anonyme originaire de Bohême dont il y a également très peu d’œuvres connues (une dizaine), aucune n’étant jamais passée sur le marché. Comme le dit Éric Turquin, le nom fut difficile à identifier, le style gothique international ayant, par nature, touché de très nombreux pays. L’influence siennoise est évidente.


4. Maître de Vyšší Brod (Bohème, vers 1350)
La Vierge et l’enfant en trône
Tempera sur panneau - 22 x 20 cm
Vente à Dijon le 30 novembre 2019
Photo : Cortot & Associés
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5. 4. Maître de Vyšší Brod (Bohème, vers 1350)
La Vierge et l’enfant en trône (radiographie)
Tempera sur panneau - 22 x 20 cm
Vente à Dijon le 30 novembre 2019
Photo : Cortot & Associés
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Le nom du maître de Vyšší Brod provient d’un retable qui se trouvait dans un couvent cistercien du sud de la Bohême, dans la ville éponyme, aujourd’hui conservé à la galerie nationale de Prague.
Le noir étoilé qui se trouve autour de la Vierge est un repeint, qui cache une architecture encore conservée comme le prouve la radiographie (ill. 5). La dérestauration éventuelle sera la responsabilité de l’acquéreur. La vente, organisée par Cortot & Associés aura lieu le 30 novembre à Dijon avec une estimation de 400 000 à 600 000 euros.

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