Un dessin de Pajou rejoint les collections de Versailles

25/3/19 - Acquisition - Château de Versailles - Terpischore, muse de la danse, joue de la lyre au son de laquelle elle rythme ses pas. Augustin Pajou l’a représentée à la sanguine sur une feuille récemment été achetée par le Château de Versailles à la galerie parisienne La Sculpture Françoise. Elle rejoint Thalie, muse de la Comédie dans le fonds graphique du château, tandis qu’Euterpe, muse de la Musique, se trouve dans la collection Horvitz.


Augustin Pajou (1730-1809)
Terpischore, 1768-1769
Sanguine - 34,1 × 24,9 cm
Versailles, Musée et domaine national du château
Photo : Château de Versailles
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Chacune d’elles, dotée de ses attributs, est représentée en pied sur une corniche, en un contrapposto souligné par un drapé savant qui évite une pose trop statique. Pajou a d’abord esquissé rapidement la silhouette, puis l’a reprise dans une composition plus aboutie. L’esquisse de Terpischore se trouve ainsi à la National Gallery de Washington. Sa lyre imposante est peut-être inspirée de celle que tient la muse sculptée par Jean Cornu et Joseph Rayol en 1668 qui se trouve dans les jardins du château.

Il est probable que ces dessins sont liés à un projet de décor pour le foyer de l’Opéra royal de Versailles, décor qui ne vit pas le jour, ou plutôt dont le programme iconographique fut modifié. Au lieu de choisir quatre muses parmi les neuf, Pajou déclina en effet les quatre formes de la Poésie : lyrique, dramatique, héroïque et pastorale. Terpsichore est d’ailleurs assez comparable à l’allégorie de la Poésie lyrique. Il est donc possible que l’artiste ait conçu pour le premier projet une quatrième figure non encore retrouvée.

Augustin Pajou représenta les muses à plusieurs reprises, pour le Palais Bourbon - Calliope, Erato, Uranie, Terpsichore - ainsi que pour le château royal de Bellevue ; on n’en garde malheureusement pas de traces.

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