Un fonds d’archives Barye acquis par l’Institut national d’histoire de l’art

25/2/19 - Acquisition - Paris, Institut national d’histoire de l’art - Il y a quelques mois, l’Institut National d’Histoire de l’Art s’est enrichi, auprès de la galerie Michel Descours à Lyon, d’un ensemble très important d’archives provenant du sculpteur Antoine-Louis Barye. Ce fonds comporte en tout 355 documents dont 191 lettres manuscrites et 24 photographies.


1. Lettre d’Eugène Delacroix à Antoine-Louis Barye
Paris, Institut nationale d’histoire de l’art
Photo : Galerie Michel Descours
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La correspondance va de la fin des années 1820 à 1874, un an avant sa mort. Elle provient de très nombreux artistes amis de Barye, mais aussi d’écrivains, de critiques, de personnalités politiques et de hauts fonctionnaires. L’une des lettres les plus importantes (ill. 1) est due à Eugène Delacroix. Elle a souvent été citée mais on ne savait plus où elle était conservée. Il s’agit en effet de celle où Delacroix écrit : « Le lion est mort. Au galop. Le temps qu’il fait doit nous activer. Je vous y attends. Mille amitié. Ce samedi. E. Delacroix ». Le félin défunt n’est autre que le lion du Jardin des Plantes que les deux artistes se sont empressé d’aller dessiner, notamment pendant la séance de dissection de l’animal.


2. Lettre de Louis Boulanger à Antoine-Louis Barye
Paris, Institut nationale d’histoire de l’art
Photo : Galerie Michel Descours
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Le fonds conserve également des lettres des peintres Camille Corot, William Bouguereau, Paul Chenavard, Honoré Daumier, Jean-François Millet ou Louis Boulanger (ill. 2) ; parmi les sculpteurs on trouve des lettres de Dantan Jeune, Carlo Marochetti ou Jean-François Bosio ; les écrivains et critiques sont représentés par Alexandre Dumas, Gustave Planche ou encore Thoré-Bürger ; parmi les politiques on trouve Napoléon-Jérôme Bonaparte, cousin de Napoléon III et familièrement connu sous le surnom de « Plon Plon », tandis que les fonctionnaires sont représentés par le comte de Nieuwerkerke, directeur des musées (mais aussi sculpteur). On y trouve aussi une documentation sur les ventes de l’époque (catalogues et procès-verbaux de ventes annotés).
Cet ensemble permet d’éclairer la genèse de certaines œuvres, grâce à des échanges de correspondance avec les architectes Hector Lefuel, Charles Questel et Eugène Viollet-le-Duc ainsi qu’à différents documents tels que des reçus. On y apprend l’existence d’un projet de décor de bibliothèque avec Delacroix (projet manifestement non abouti) et on peut y trouver également le passeport pour l’intérieur obtenu par le sculpteur à Cherbourg, qui devait lui permettre de voyager jusqu’à Paris (ill. 3).


3. Passeport pour l’intérieur d’Antoine Louis Barye
Paris, Institut national d’histoire de l’art
Photo : Galerie Michel Descours
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Comme le précise la notice écrite par Marianne Paunet pour le catalogue de la galerie Descours (à laquelle nous devons la plupart des informations de cette brève), il n’existe aucun autre fonds localisé d’archives de Barye. Celui-ci a été vendu en plusieurs fois par la petite-fille du sculpteur à un seul collectionneur, qui a ensuite été cédé au marchand André Schœller, par ailleurs collectionneur des œuvres de l’artiste. Son entrée à l’INHA permettra aux historiens de l’art d’avoir accès à une source fondamentale pour l’étude de la sculpture romantique.

Signalons par ailleurs que l’INHA a également acquis récemment les archives du commissaire-priseur Guy Loudmer, couvrant une période allant de 1903 au début des années 2010. Cependant, pour des raisons de confidentialité, une partie de ces archives sont pour l’instant interdites à la consultation. Seuls les documents produits depuis plus de 50 ans sont accessibles aux chercheurs.

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