Un important tableau d’Eustache Le Sueur acquis par le Musée Fabre

12/11/18 - Acquisition - Montpellier, Musée Fabre - Le tableau est important mais il était estimé un peu trop cher (350 à 400 000 €). Non vendu lors de la vacation de vendredi dernier 9 novembre, le morceau de réception d’Eustache Le Sueur que celui-ci présenta à la communauté parisienne des peintres et sculpteurs pour devenir maître-peintre a finalement été acquis après la vente, pour 250 000 € frais inclus, par Montpellier auprès de la SVV Leclère, grâce au mécénat de la Fondation d’entreprise du Musée Fabre.


1. Eustache Le Sueur (1617-1655)
Saint Paul délivrant un possédé ou Saint Paul guérissant les malades, vers 1645-46
Huile sur toile - 175 x 137,5 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : SVV Leclère
Voir l´image dans sa page

Lorsqu’il peint cette grande toile, Eustache Le Sueur, qui avait quitté l’atelier de Simon Vouet vers 1641, a moins de trente ans. L’iconographie comme le traitement rappellent fortement les tapisseries de Raphaël pour le Vatican dont sept cartons sont aujourd’hui conservés au Victoria & Albert Museum. Le sujet n’est pas précisément identifié (il peut s’agir de Saint Paul délivrant un possédé ou de Saint Paul guérissant les malades) et ne se retrouva pas dans la tenture. Trois des compositions au moins ont cependant marqué Le Sueur pour cette œuvre : le saint Paul à gauche est proche du même personnage prêchant à Athènes, l’attitude déséquilibrée du malade en bleu au premier plan évoque les deux personnages centraux de La Mort d’Ananias ; enfin, le personnage de droite rappelle fortement le Proconsul dans La Conversion du Proconsul, tandis que le dignitaire assis (peut-être s’agit-il de Néron) est très comparable à l’empereur que l’on voit dans ce même tableau, même dans la manière un peu étrange dont sa tête se rattache au corps.

Si Le Sueur s’inspire donc de Raphaël, il ne le copie pas, change le format horizontal en une composition verticale, et reste encore, dans les coloris et notamment dans le malade du premier plan, encore proche de Vouet. Il s’en détache néanmoins pour adopter une mise en page plus classique qui relève déjà de ce que l’on appelle l’atticisme parisien, ce qui fait de ce tableau un maillon important dans l’évolution de la peinture française au XVIIe siècle. Trois ans plus tard, en 1649, l’artiste peignit un Saint Paul à Éphèse comme May de Notre-Dame - le tableau est aujourd’hui au Louvre - qui montre l’aboutissement de l’évolution de son style déjà perceptible dans celui que vient d’acheter Montpellier.

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.