Un portrait au pastel de la Comtesse d’Artois, par Joseph Boze, acquis par Versailles

18/5/11 - Acquisition - Versailles, Musée National du Château - Le 4 mai, Versailles préemptait à Drouot un tableau de François-Hubert Drouais (voir brève du 6/5/11). Quelques semaines plus tôt, chez Sotheby’s Londres, le musée national avait acquis aux enchères un autre portrait, un pastel cette fois, représentant la Comtesse d’Artois, femme du future Charles X (ill. 1), pour 37 250 livres (frais inclus).


1. Joseph Boze (1745-1826)
Portrait de la Comtesse d’Artois, 1785 (?)
Pastel - D. environ 58 cm
Versailles, Musée national du Château
Photo : Sotheby’s
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2. Joseph Boze (1745-1826)
Portrait de la Comtesse d’Artois, 1785
Huile sur toile - 86 x 66,5 cm
Suède, collection particulière
Photo : D. R.
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L’exposition Joseph Boze portraitiste de l’Empire à la Restauration, organisée au Musée Ziem de Martigues en 2004/2005, présentait un portrait à l’huile du même modèle (ill. 2) pratiquement identique à celui-ci. Signé et daté de 1785, il appartient à une collection privée suédoise. La notice du catalogue [1] explique que Boze en réalisa trois exemplaires [2] et que l’original au pastel n’a certainement pas survécu aux saisies et aux destructions révolutionnaires.
Il est donc probable que l’œuvre acquise par Versailles, également signée et datée 1785, soit la première version de cette composition [3].

Marie-Thérèse de Savoie, fille du duc de Savoie Victor-Amédée III, avait épousé le Comte d’Artois en 1773, un an avant l’accession au trône de Louis XVI. Selon le comte Florimond de Mercy-Argenteau [4], elle avait « le teint assez blanc, le visage assez maigre, le nez fort allongé et désagréablement terminé, les yeux mal tournés, la bouche grande, ce qui forme en tout une physionomie irrégulière, sans agrément et des plus communes ». Description peu flatteuse mais qui se retrouve assez exactement dans cette œuvre de Joseph Boze.

Didier Rykner

Notes

[1Gérard Fabre, Joseph Boze. Portraitiste de l’Ancien Régime et de la Restauration, Editions Somogy, 2004, p. 100-101, n° 23.

[2Le texte utilise le terme « copie » qui n’est pas tout à fait exact puisqu’il s’agit en réalité de répliques exécutées par l’artiste lui-même qui prit soin de signer.

[3Modification effectuée le 25/5/11 : Nous avions écrit dans un premier temps : « Il est donc possible que l’œuvre acquise par Versailles soit la première version de cette composition, même si l’absence de signature et sa taille légèrement plus petite semblent dans ce cas curieuses. Il peut également s’agir d’une autre réplique. » En effet, le catalogue de vente, disponible sur Internet, ne signalait pas la présence de la signature contrairement aux usages. La notice est d’ailleurs très approximative puisqu’il s’agit d’une toile ovale et qu’elle indiquait que le : « diamètre [est] d’environ 58 cm ». Nous remercions Juliette Trey, conservatrice au château de Versailles, de nous avoir indiqué cette erreur et confirmé la présence de la signature. Celle-ci nous a apporté les précisions suivantes : « Le pastel a été commandé par la comtesse d’Artois à Boze en avril 1785 et a été payé 1.200 livres (une somme élevée pour un portrait au pastel de cette dimension) en février 1787 (livre de comptes de Boze, bibliothèque Jacques Doucet, INHA). Deux répliques ont bien été commandées pour des dames de l’entourage de la princesse mais ce furent des répliques peintes à l’huile sur toile et non au pastel. L’une est conservée en Suède (ill. 2), l’autre reste non localisée. Il semble donc bien que l’œuvre achetée par Versailles soit l’original de Boze qui était cru perdu à la Révolution. Cette idée est partagée par Xavier Salmon, Gérard Fabre et Niel Jeffares, qui a intégré l’œuvre achetée par Versailles à son catalogue en ligne des pastellistes. »

[4Cité par Gérard Fabre dans le catalogue de l’exposition Joseph Boze.

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