Un portrait de Van Dyck acheté par le Musée des beaux-arts de Budapest

26/2/19 - Acquisition - Budapest, Musée des beaux-arts - Le musée des beaux-arts de Budapest a acheté, avec l’aide du gouvernement hongrois, un portrait de Van Dyck passé en vente chez Christies à Londres le 6 décembre dernier pour 6 818 221 euros (sans les frais). Issu d’une grande collection privée, qui l’avait elle-même acquis lors d’une vente Christie’s à Londres en 1989 [1], ce portrait de la princesse Marie-Henriette, fille de Charles Ier d’Angleterre, est une des dernières commandes réalisées par Van Dyck avant son décès en 1641 à l’âge de 42 ans. Le musée ne conservait jusqu’alors que deux tableaux de jeunesse de l’artiste, Saint Jean l’évangéliste et le Portrait d’un couple marié. Ils sont actuellement tous trois présentés dans une petite exposition de dix œuvres aux côtés de portraits gravés de la famille royale d’Angleterre et de portraits d’enfants royaux conservés dans les collections du musée. Le portrait de la princesse Marie-Henriette figurera ensuite dans l’exposition que le musée consacrera à Rubens - maître de Van Dyck - et au baroque flamand en octobre prochain.


Antoine Van Dyck (1599-1641)
Portrait de la princesse Mary (1631-1660), fille de Charles Ie d’Angleterre, 1641
Huile sur toile - 158,2 x 108,6 cm
Budapest, Musée des beaux-arts
Photo : Christie’s
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Ce portrait a été peint durant l’été 1641, peu après le mariage de la princesse Marie-Henriette avec le prince William d’Orange le 2 mai 1641, alors âgés de 9 et 14 ans. La silhouette de la très jeune fille est placée sur un fond neutre aux tonalités beiges qu’un rideau de soie émeraude anime sur la gauche. Elle est vêtue d’une robe de soie rose corail ornée de broderies et rubans argentés et de dentelle blanche sur le col et les poignets. Elle porte une alliance à la main gauche, une grande broche en diamants - cadeau de mariage de son mari - sur le plastron, un bracelet au poignet droit ainsi qu’un collier et un peigne de perles. Une grande attention est portée aux couleurs et aux textures, aux plis chatoyants de la soie, à la transparence de la dentelle, aux souples boucles de cheveux, à l’éclat des perles et des diamants.

Ce tableau était certainement destiné à la cour de Guillaume II, cadeau dynastique célébrant une union vouée à consolider les liens entre l’Angleterre et les Pays-Bas. Dans le catalogue raisonné des peintures de Van Dyck publié en 2004 [2], Oliver Millar cite une lettre du 13 août 1641 adressée par la comtesse de Roxburghe, gouvernante de la princesse Marie-Henriette, à Jan de Brederode, l’un des ambassadeurs des États généraux des Provinces Unies à Londres. Elle y mentionne deux versions du portrait de la princesse qui, selon Oliver Millar, pourraient être le tableau acquis par Budapest et celui, moins réussi - toujours selon lui -, de la collection royale conservé au château de Windsor. Ils étaient probablement destinés au prince Guillaume d’Orange et à sa mère Amélie d’Orange. Deux autres versions s’y ajoutent, certainement des copies d’atelier, l’une appartient à la collection du gouvernement britannique et est déposée à l’ambassade britannique de La Haye tandis que la deuxième est passée en vente chez Sotheby’s en décembre dernier lors de la même Classic Week de Londres (elle a été vendue 888 752 euros).

Van Dyck, devenu peintre de la cour d’Angleterre en 1632, « Principalle paynter in Ordinarie to their Majesties », a réalisé de nombreux portraits de la princesse Marie-Henriette. Des portraits collectifs d’abord, avec ses parents et son frère aîné, le futur Charles II dès 1632, connu sous le titre The Greate Peece conservé au château de Windsor, puis à plusieurs reprises avec ses frères et sœurs (Les trois aînés de Charles Ier, deux versions conservées à la Galleria Sabauda de Turin et dans la collection royale et les Cinq enfants les plus âgés de Charles Ier conservés au château de Windsor). Viennent ensuite les portraits individualisés où elle est vêtue d’une robe bleue, aujourd’hui conservés au musée des beaux-arts de Boston et à Hampton Court. Enfin, citons le double portrait du Rijksmuseum, de 1641 également, qui la représente aux côtés de son mari Guillaume II parée de son alliance et des mêmes bijoux.

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