Un portrait du duc d’Aiguillon acquis par le musée des Beaux-Arts d’Agen

2/8/19 - Acquisition - Agen, Musée des Beaux Arts - Emmanuel-Armand de Vignerot du Plessis de Richelieu (1720-1788), avant-dernier duc d’Aiguillon, mena une carrière exemplaire pour un aristocrate français de l’Ancien Régime. Pair de France, commandant en chef de Bretagne de 1753 à 1769 puis lieutenant de la compagnie des chevau-léger de la garde du roi, le duc servit ensuite comme secrétaire d’État. Il fut le dernier ministre des Affaires Étrangères de Louis XV, à la toute fin de son long règne, mais se vit ensuite poussé à la démission peu après l’avènement de Louis XVI. L’exil s’ajouta à la disgrâce : le duc et sa famille durent gagner leurs terres de Guyenne, où ils possédaient le château d’Aiguillon, dans l’actuel département du Lot-et-Garonne. La Révolution entraîna la saisie du château et de ses collections, dont les fleurons sont désormais exposés au musée des Beaux-Arts de la ville d’Agen. C’est à cette confiscation révolutionnaire que le musée doit son bel ensemble de portraits du XVIIIe siècle, qui lui permettent d’évoquer la cour de Versailles et de montrer des œuvres de Nattier ou de Drouais.


1. École française du dernier quart du XVIIIe siècle
Portrait du duc d’Aiguillon entre 1769 et 1788
Huile sur toile - 87 x 72,5 cm
Agen, Musée des Beaux-Arts
Photo : Galerie de Frise
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C’est un admirable portrait en buste (ill. 1) de l’avant-dernier duc d’Aiguillon que le musée des Beaux-Arts d’Agen vient d’acquérir auprès de la galerie de Frise : ni signé ni daté, il évoque irrésistiblement la facture du portraitiste de cour que fut François-Hubert Drouais. Le tableau est aujourd’hui présenté dans un beau cadre en bois sculpté et doré, dont le cartouche ovale signale qu’il a servi en 1787 pour une effigie du comte d’Artois, qui montera sur le trône sous le nom de Charles X. Cet achat particulièrement judicieux pour Agen - mené grâce au soutien de l’association des Amis du Musée, qui a financé l’intégralité [1] de la somme – permettra au musée de mieux évoquer l’origine d’une partie essentielle de ses collections. Après restauration, le portrait sera exposé à la fin de l’année dans les salles dédiées aux ducs d’Aiguillon.


2. Ecole française de la deuxième moitié du XVIIIe siècle
Portrait du duc d’Aiguillon, entre 1769 et 1788
Huile sur toile - 136 x 105 cm
Agen, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts d’Agen
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3. École française du dernier quart du XVIIIe siècle
Portrait du duc d’Aiguillon entre 1769 et 1788
Huile sur toile - 87 x 72,5 cm (détail)
Agen, Musée des Beaux-Arts
Photo : Galerie de Frise
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Le tableau rejoint à Agen un autre portrait (ill. 2) du même duc, que le musée avait pu acquérir en octobre 2014 (voir la brève du 11/1/17) : leur juxtaposition permet tout d’abord de reconnaître sans hésitation les traits du modèle (ill. 3), qui porte également la même tenue sur les deux toiles. L’homme est en effet revêtu de son habit de lieutenant de la compagnie des chevau-léger de la garde du roi. Le format des deux œuvres diffère sensiblement : sur le tableau acquis en 2014, le duc est représenté coupé au niveau des genoux et intégré dans un paysage de bataille, pour mieux souligner sa charge militaire, alors qu’il est dépeint en buste sur un fond sobre dans le portrait dont le musée vient de s’enrichir. Sur son habit rouge et or, le modèle arbore les insignes de chevalier de l’Ordre du Saint-Esprit (le cordon bleu et la plaque brodée d’argent) mais pas ceux de chevalier de l’ordre royal de Saint-Louis, contrairement au grand portrait.

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