Un portrait du XVIIIe siècle identifié et acquis par le Musée des Beaux-Arts de Caen

28/6/19 - Acquisition - Caen, Musée des Beaux-Arts -Il fallait un œil particulièrement exercé pour reconnaître l’auteur d’un portrait de femme passé en vente chez Rossini à Paris le 13 juin dernier. Il s’agit en effet d’un artiste originaire de Caen, presque entièrement inconnu, appelé Pierre Lesseline et dont l’activité dans la ville normande est attestée entre 1740 et 1775. L’auteur de cette brillante attribution, qui a pu être confirmée ensuite par la mention, au revers de la toile de rentoilage, de la signature reportée « Peint par Lesseline 1749 » est Christophe Marcheteau de Quinçay, attaché de conservation au Musée des Beaux-Arts de Caen.


Pierre Lesseline (activité attestée à Caen de 1741 à 1773)
Portrait de Françoise-Charlotte-Louise Vauquelin de Vrigny, dame de Véranvilliers, 1749
Huile sur toile - 73 x 60 cm
Caen, Musée des Beaux-Arts
Photo : Rossini
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Celui-ci, que nous remercions pour nous avoir transmis tous les éléments nécessaires à l’écriture de cette brève, est en cours d’achèvement d’un ouvrage sur l’histoire du musée jusqu’aux bombardements de 1944, et prépare également le catalogue des œuvres détruites. Parmi celles-ci figuraient deux portraits de Pierre Lesseline sur lequel il a également travaillé dans le cadre de ses recherches sur la peinture à Caen aux XVIIe et XVIIIe siècles. Avec Robert Le Vrac Tournières, qui eut une carrière nationale, Lesseline est l’autre bon portraitiste caennais, même si la renommée de cet élève de Jean Restout n’a jamais franchi les limites de la ville.

Le portrait, présenté à la vente comme le Portrait présumé d’Anne Louise baronne de Montfauvet d’Amphernet de Pontbellanger (épouse de Jean-Jacques Vauquelin, marquis de Vrigny et maire de Caen dans les années 1750 [1]) est en réalité plutôt celui de sa fille Françoise-Charlotte-Louise Vauquelin de Vrigny (1718-1795), dame de Véranvilliers. Morte en 1760 « âgée d’environ soixante et cinq ans » selon son acte de sépulture retrouvé dans les registres paroissiaux de l’église Saint-Jean de Caen qu’a pu consulter Christophe Marcheteau de Quinçay, Anne-Louise d’Amphermet ne pouvait être le modèle représenté en 1749, manifestement beaucoup plus jeune. Des recherches en archives ont permis de lui rendre son identité. Quelle que soit celle-ci, cette acquisition permet de faire revenir dans ses collections du musée une œuvre de cet artiste local. L’œuvre, adjugée 7 000 euros (avec les frais) a été offerte au musée par sa société des amis.

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