Un tableau d’Eugène Devéria offert au Musée des Beaux-Arts d’Orléans par une souscription privée

Eugène Devéria
Saint Louis de Gonzague, 1839
Huile sur toile - 165,5 x 133 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
(en cours de donation)
Photo : HDV Nîmes
Voir l´image dans sa page

21/2/18 - Acquisition - Orléans, Musée des Beaux-Arts - Le 3 février dernier passait en vente chez HDV Nîmes un grand tableau d’Eugène Devéria, avec son cadre, représentant un jeune saint agenouillé. L’œuvre, datée de 1839, a été peinte pendant la période où Eugène Devéria était à Avignon pour réaliser le décor de la cathédrale Notre-Dame-des-Doms. Nous avons contacté la directrice du Musée des Beaux-Arts d’Orléans, Olivia Voisin, pour savoir si ce tableau pouvait l’intéresser. Celle-ci, en effet, est la spécialiste de Devéria, et le musée des Beaux-Arts est riche en œuvres romantiques, notamment grâce au legs Cogniet.

Olivia Voisin nous a confirmé que cette œuvre était importante pour l’artiste, et qu’elle aurait sa place au musée, mais qu’elle ne pouvait l’acheter pour celui-ci en raison notamment des nombreuses acquisitions déjà en cours. Nous avons donc eu l’idée, l’estimation étant basse, de l’acheter, dans un premier temps, puis de lancer une souscription sur notre compte Facebook (privé), qui s’est élargie un peu au delà, mais qui n’a jamais été rendue publique. Ayant pu nous faire adjuger le tableau, nous avons demandé à l’association la Sauvegarde de l’Art français si elle pouvait se substituer à nous, puis recevoir les dons promis par les souscripteurs, et enfin donner ce tableau à Orléans. Celle-ci a accueilli avec enthousiasme notre proposition et c’est finalement elle qui a acquis l’œuvre en attendant d’être remboursée par les donateurs. La somme nécessaire a été réunie en à peine plus d’une semaine grâce à de nombreux particuliers [1] qui se sont montré d’autant plus heureux de le faire que le Musée des Beaux-Arts d’Orléans mène une politique très active sur tous les plans : travaux et raccrochage des collections, expositions, restaurations, acquisitions…

Quel est donc le sujet du tableau ? Un jésuite en prière, si individualisé qu’il s’agit probablement d’un portrait qu’une discrète auréole transforme en saint. Olivia Voisin fait l’hypothèse qu’il s’agirait d’une commande destinée à rendre hommage à un jeune homme décédé l’année précédente comme peut le laisser penser l’inscription sur la droite du tableau « ML (ou LM) + 1838 ». Rappelons que saint Louis de Gonzague était décédé de la peste à l’âge de vingt-trois ans. Nul doute que cette œuvre, pour laquelle la directrice du musée nous a déjà dit avoir trouvé sa place dans le grand salon rouge réservé à la peinture française du XIXe siècle, fera l’objet bientôt de sa part d’une étude plus poussée.

En 1829, l’État avait passé commande à Devéria, pour Orléans, d’une Mort de Jeanne d’Arc qui fut finalement envoyée à Angers. L’artiste, qui fut ami de Léon Cogniet et Henri de Triqueti, deux figures importantes pour le musée, n’est actuellement représenté à Orléans que par trois petits tableaux : le Pigeon ramier, seule nature morte connue de sa main, Catherine d’Aragon et le Cardinal Wolsey tiré d’Henry VIII de Shakespeare et une Scène de Tartufe.

Nous remercions particulièrement Olivier de Rohan-Chabot et Lionel Bonneval, respectivement président et directeur de la Sauvegarde de l’Art français, sans qui cette opération n’aurait pu être aussi rondement menée.

Didier Rykner

Notes

[1Voici la liste des donateurs : Frédéric Bardoux, Antoine Béal, Violaine Bouvet Lanselle, Arnauld Brejon de Lavergnée, Thierry Cazaux, William Chevillon, Olivier de Clarembaut, Mathieu Deldicque, Vincent Foucart, Alexandre et Bénédicte Gady, Emeric Hahn, Pierre Jacky, Ariane James-Sarazin, Paul Jeromack, Nicolas Joly, Wassili Joseph, Jean-David Jumeau-Lafond, Yann Jurez Lancien, Philippe Kahn, Guillaume Kientz, Gilles Kraemer/Le Curieux des Arts, Christophe Leribault, Ger Luijten, Jean-Patrice Marandel, Daniel Marchesseau, Jane MacAvock, Emmanuel Moreau, Vladimir Nestorov, Damien Dumarquez et Raphaël Aracil de Dauksza/Galerie La Nouvelle Athènes, Isabelle et Didier Rykner, George Shackelford, Olivier Scherberich, Nicolas Schwed, Pierre Stepanoff, Antoine Tarantino, Gennaro Toscano, Nathalie et Christian Volle, Olivier Zeder..

Mots-clés

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.