Un tableau d’Eugenio Lucas Velázquez offert au musée des Cultures taurines de Nîmes

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Eugenio Lucas y Padilla, dit Eugenio Lucas Velázquez (1817 - 1870)
Portrait équestre de Pepe Hillo, années 1850
Huile sur toile, 217,5 x 163 cm
Musée du vieux Nîmes et des cultures taurines
Photo : Galerie Michel Descours
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17/7/19 - Acquisition - Nîmes, Musée du vieux Nîmes et des cultures taurines - Ce fier cavalier, monté sur un superbe pur-sang, est le torero José Delgado Guerra, surnommé Pepe Hillo, célébrité des arènes espagnoles au XVIIIe siècle qui trouva la mort sur le sable à quarante-sept ans, au faîte de sa gloire.

Eugenio Lucas Velázquez (1817 - 1870) rend ici hommage à cette personnalité du folklore espagnol ainsi qu’à la tradition picturale hispanique. Celui qu’on voit souvent comme le successeur de Goya pour sa touche rapide et l’utilisation des empâtements, met en scène un portrait quasiment grandeur nature, format inhabituel dans son œuvre, qui n’est pas sans rappeler le travail de Velázquez, dont il emprunte le nom. Il choisit de ne pas représenter le matador toréant dans l’arène, mais en fait une représentation héroïque, presque allégorique à la manière des portraits de nobles personnages ou de membres de la famille royale. Les figures de Pepe Hillo et de son cheval se détachent sur un fond de paysage plus esquissé, formant des lignes ouvrant sur un vaste horizon. Entre les membres antérieurs de la monture, on distingue un troupeau des taureaux de combats, suggérant le statut de riche propriétaire du modèle. Celui-ci dessine un axe vertical fort et puissant, souligné par la riche étoffe aux couleurs chatoyantes qui tombe presque jusqu’au sol et qui contraste avec le costume noir au luxe sobre et discret. De nombreux détails de l’habit - les bottes, la passementerie, le mouchoir blanc... - ou des pièces de harnachement sont rendus avec fidélité, dans la veine du « costumbrismo » : une description précise, sans jugement, des codes et usages sociaux.

Ce tableau a été découvert en Espagne par Michel Descours. En 2014, il publia à son sujet dans son catalogue Varia une longue notice rédigée par l’historienne Elisabeth Hardouin-Fugier, spécialiste de tauromachie. Conscient du caractère exceptionnel de cette œuvre, il décida d’en faire don à un musée français dont il pourrait avec pertinence enrichir les collections. Sur les conseils d’Alain Chevalier, conservateur du musée de la Révolution Française de Vizille, il se rapprocha d’Aleth Jourdan, conservatrice en chef du Musée du Vieux Nîmes et des Cultures Taurines. Le tableau de Velásquez, inscrit désormais sur l’inventaire du musée, est actuellement présenté dans l’exposition « De la tauromaquia à la goyesque, hommage à Francisco Goya » et ce jusqu’au 6 octobre. Il rejoindra ensuite les collections permanentes qui seront remaniées afin de lui donner la place qu’il mérite dans le circuit de visite.

Le musée nîmois mène une politique d’acquisition active : œuvres d’art mais aussi textiles avec un ensemble unique d’habits de lumière ainsi qu’une riche bibliothèque spécialisée qui compte depuis peu un exemplaire de Toros y toreros illustré par Picasso.

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