Un tableau de Felice Boselli acheté par le Louvre

16/7/19 - Acquisition - Paris, Musée du Louvre - Nous avons suffisamment regretté que le Louvre n’achète plus de tableaux italiens des XVIIe et XVIIIe siècles pour ne pas nous réjouir de son acquisition récente, auprès de la galerie Descours, d’un grand tableau de Felice Boselli. Nous connaissions l’œuvre pour l’avoir reproduite sur notre site lors de la recension de l’avant-dernière Biennale des Antiquaires où l’avait présentée le marchand lyonnais, désormais parisien avec l’ouverture d’une galerie à Paris au 10 rue de Louvois.


Felice Boselli (1650-1732)
Le Pigeonnier, vers 1720-1730
Huile sur toile - 283 x 175 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : galerie Michel Descours
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Environ cinq-cent tableaux de Boselli sont connus, presque tous relevant du genre de la nature morte. L’artiste aime généralement les grands étals de marchands ou de cuisines où s’amassent alternativement du gibier, des volailles, des poissons ou des fruits selon une tradition dérivée de la peinture flamande, également très présente en Italie du Nord d’où était originaire l’artiste, né à Plaisance. Les collections publiques françaises, si l’on en croit les œuvres répertoriées par le RETIF, ne conservaient jusqu’à présent que trois tableaux certainement de sa main : une Nature morte aux gibiers à Chambéry, une Nature morte à la raie, aux crabes et aux coquillages au Musée Fesch d’Ajaccio et un Valet plumant un coq à Calais. Cinq autres peintures seulement attribuées sont conservées dans d’autres musées, dont une déjà au Louvre (elle lui est donnée en plein sur la base Cartel) représentant une Marchande de volailles et de poissons mais qui ne lui appartient pas vraiment puisqu’il s’agit d’un tableau récupéré après la guerre (MNR).

La toile nouvellement acquise par ce musée est particulièrement imposante par sa taille et son ambition. Elle se situe à la limite du genre de la nature morte car les oiseaux sont bien vivants et même très remuants. Près de quatre-vingts pigeons animent cette composition située dans un grenier servant de pigeonnier. Certains se disputent une tige de blé, d’autres se reposent ou tentent de voler dans cet espace étroit et surpeuplé. La gamme de tons très réduite, autour des bruns avec seulement quelques touches de blanc, témoigne de la dextérité de l’artiste. Celui-ci a, lors de son exécution vers 1720-1730, plus de 70 ans, ce qui démontre encore une belle vitalité.

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