Un tableau de l’entourage d’Ambroise Dubois pour le Musée des Beaux-Arts de Rennes

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25/4/19 - Acquisition - Rennes, Musée des Beaux-Arts - Acquis par Rennes le 14 novembre 2016 chez Artcurial, sans utiliser la préemption et pour un montant de 11 700 € (frais compris), un tableau français du début du XVIIe siècle a depuis été restauré (ill. 1 et 2).


1. France, vers 1620-1625 (peintre de l’entourage d’Ambroise Dubois ?)
La Reconnaissance de Chariclée par ses parents (avant restauration)
Huile sur toile - 110 x 117 cm
Rennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA de Rennes
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2. France, vers 1620-1625 (peintre de l’entourage d’Ambroise Dubois ?)
La Reconnaissance de Chariclée par ses parents (après restauration)
Huile sur toile - 110 x 117 cm
Rennes, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA de Rennes
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Le sujet, non identifié lors de la vente, a été reconnu par Mylène Sarrant, auteur d’une thèse de doctorat sur l’illustration des romans grecs au XVIIe siècle : il s’agit d’une scène de l’histoire de Théagêne et Chariclée, tirée des Étiopiques d’Héliodore. On y voit Chariclée, qui va être sacrifiée avec son amant Théagène, montrant au roi les bijoux que la reine avait mis dans son berceau lorsqu’elle l’avait abandonnée ; elle se fait ainsi reconnaître de ses parents (pour l’histoire complète, fort complexe, nous renvoyons notre lecteur aux Éthiopiques ou au livret écrit par Guillaume Kazerouni, publié par le musée [1]).
Le tableau mêle deux épisodes : Chariclée marche sans peine apparente sur un grill en or plein de charbons ardents, test de chasteté et épreuve de son supplice, en montrant simultanément les bijoux qui vont révéler son identité. Cette pratique de montrer plusieurs moments d’une histoire était fréquente dans la peinture de cette époque.

Si Ambroise Dubois est l’auteur d’un cycle de l’histoire de Théagêne et Chariclée pour le « salon Louis XIII » du château de Fontainebleau (sans que cet épisode précis soit représenté), l’œuvre ne revient pas à ce peintre, mais sans doute à un artiste de son entourage, peut-être son fils Jean Dubois (mais il s’agit d’une hypothèse impossible à vérifier en l’état actuel des connaissances). Elle viendra compléter au musée la séquence de la peinture française en se plaçant entre entre la Femme entre les deux âges de la fin du XVIe siècle et Les Noces de Cana de Quentin Varin en « illustr[ant] le goût pour la narration dans les décors des années 1620 et la diffusion des créations de la Seconde école de Fontainebleau, qui condensent influences flamandes, italiennes et françaises. » comme l’écrit Guillaume Kazerouni.


3. Parcours temporaire dans les collections françaises du Musée des Beaux-Arts de Rennes
Photo : MBA de Rennes
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Ce tableau a été révélé par le musée dans un nouveau parcours organisé dans ses collections, jusqu’au 3 novembre 2019, pour accompagner la parution du catalogue à venir des peintures françaises du XVIe au XVIIIe siècle. Ce parcours est mis en regard d’un jeune artiste contemporain, Vincent-Michaël Vallet (ill. 3).

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