Un tableau de Lastman pour le Mauritshuis

11/2/06 – Acquisition - La Haye, Mauritshuis - Le Mauritshuis a acheté, auprès d’un collectionneur particulier américain, une Prédication de saint Jean-Baptiste de Pieter Lastman (ill. 1), financée par les amis du musée avec la participation d’un mécène privé.


1. Pieter Lastman (vers 1583-1633)
La Prédication de saint Jean-Baptiste, 1627
Huile sur panneau - 60 x 92 cm
La Haye, Mauritshuis
Photo : Mauritshuis
Voir l´image dans sa page

S’il est plus connu pour être le maître de Rembrandt, sur lequel il eut, même si celui-ci ne passa que six mois dans son atelier, une influence prépondérante, Lastman est également un excellent peintre. Son style est proche de celui de ceux classés sous ce vocable de « prérembranesque », d’ailleurs un mauvais qualificatif car il se réfère à ce qui va venir plutôt qu’aux caractéristiques propres de ces artistes, faisant ainsi de l’histoire de l’art prédéterminée. L’art de Lastman, comme celui de Claes Cornelisz. Moyaert, des deux frères Jacob et Jan Pynas, de Jan Tengnagel et de François Venant, se caractérise essentiellement par les sujets, en général des peintures d’histoire, souvent tirées de l’Ancien Testament, l’influence prégnante d’Adam Elsheimer, mais aussi leur très fort italianisme. De cette mouvance, Pieter Lastman est incontestablement le précurseur et le plus doué (voir aussi cette brève du 17/5/04 sur l’acquisition d’un Lastman par Lille, du temps où ce musée avait encore une politique d’achat).


2. Pieter Lastman (vers 1583-1633)
La Résurrection de Lazare, 1622
Huile sur panneau - 64 x 97,5 cm
La Haye, Mauritshuis
Photo : Mauritshuis
Voir l´image dans sa page

L’œuvre acquise par le Mauritshuis présente tous ces critères. Datant de 1627, elle est néanmoins très proche dans sa composition, les types physiques de ses personnages et l’échappée vers le ciel à l’arrière-plan, de l’autre Lastman conservé par ce musée, de 1622, La Résurrection de Lazare. Le directeur du Mauritshuis explique dans un communiqué qu’ils recherchaient un exemple important de l’œuvre de Lastman, en raison de son influence sur le jeune Rembrandt. Nous avons alors interrogé le musée pour savoir pourquoi cette Résurrection de Lazare ne leur convenait pas. Ils nous a répondu que ce panneau avait été examiné à son retour d’un dépôt à long terme au Museum De Lakenhal de Leyde (actuellement fermé pour travaux) et qu’en terme de qualité et d’état de conservation, il ne remplissait pas les critères pour être exposé au Mauritshuis (il est désormais en réserves).


3. Rembrandt van Rijn (1606-1669)
La Lapidation de saint Étienne
Huile sur panneau - 89,5 x 123,6 cm
Lyon, Musée des Beaux-Arts
Photo : Wikipedia (domaine public)

En dehors de ce dernier tableau, et de trois panneaux de Nicolas Moeyaert, le musée ne conserve pas d’autres œuvres prérembranesques. Il exposait néanmoins encore récemment un autre Lastman, David et Urieh, mais celui-ci, qui n’était qu’un dépôt de l’Agence culturelle des Pays-Bas, a été restitué à la collection Goudstikker comme nous le disions dans cette brève du 11/2/06 où nous le reproduisions.

Notons enfin que les musées français peuvent montrer au moins trois tableaux de jeunesse de Rembrandt proches de Lastman : La Lapidation de saint Étienne de Lyon (ill. 3), L’Ânesse de Balaam du Musée Cognacq-Jay récemment restaurée (voir la brève du 30/11/10) et, dans une moindre mesure, La Fuite en Égypte de Tours.

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.