Un tableau de Marie-Nicole Dumont acquis par le Musée de la Révolution à Vizille

17/1/18 - Acquisition - Vizille, Musée de la Révolution française - Les femmes peintres furent particulièrement nombreuses à la fin du XVIIIe siècle. Marie-Nicole Dumont, également connue sous son nom de jeune fille de Marie-Nicole Vestier, était la fille du peintre Antoine Vestier, et elle épousa le miniaturiste François Dumont.
Celle-ci s’est représentée dans un autoportrait (ill. 1), une palette à la main, devant son deuxième fils Antoine Bias né le 17 août 1792, affirmant ainsi fièrement que si elle était une mère, elle exerçait aussi la profession de peintre, dans un milieu dominé par les hommes où il n’était guère facile à une femme de faire carrière. On connait d’ailleurs fort peu d’œuvres de sa main.


1. Marie-Nicole Dumont (1767-1846)
L’Auteur à ses occupations, 1792-1793
Huile sur toile - 54 x 44 cm
Vizille, Musée de la Révolution française
Photo : Musée de la Révolution française
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2. Antoine Vestier
Marie-Nicole Vestier peignant
le portrait de son père
, 1785
Huile sur toile -
Argentine, collection particulière
Photo : Domaine public
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Ce tableau, qui fut montré au Salon de 1793 sous le titre de L’Auteur à ses occupations et comme l’œuvre de la citoyenne Dumont était déjà présenté dans les salles du musée : il s’agissait alors d’un dépôt d’une durée de cinq ans d’une collection privée. Pour Alain Chevalier, le directeur de Vizille, il semblait important que cette toile, « une des rares œuvres de la Révolution française évoquant le désir d’émancipation des femmes » puisse y être exposée. La convention prévoyait que le musée serait prioritaire en cas de vente, ce qui a pu finalement se concrétiser en décembre dernier quand il a pu l’acquérir pour le prix de 80 000 €.

Le portrait qu’est en train de peindre l’artiste est probablement celui de son mari, François Dumont, qui est aussi le père de l’enfant, plutôt que celui de son propre père Antoine Vestier. Alain Chevalier le rapproche de deux tableaux d’Antoine Vestier dont elle aurait pu s’inspirer : l’un, de 1785, est conservé dans une collection particulière en Argentine ; il représente Marie-Nicole Vestier, peignant un portrait de son père, devant le buste de sa mère (ill. 2). L’autre se trouve au Louvre et montre l’épouse d’Antoine Vestier devant un portrait de leur fils Nicolas-Jacques

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