Un tableau de Michel Ange Houasse acquis par la Fondation Bemberg

20/12/18 - Acquisition - Toulouse, Fondation Bemberg - La scène est cocasse : des femmes et des hommes élégants sont juchés sur des ânes, ils boivent, prisent et semblent follement s’amuser. L’un d’eux est tombé à terre, il a perdu sa perruque foulée par un sabot et son baudet s’enfuit ; un autre chevauche sa monture à l’envers.
C’est à l’occasion du salon Paris Fine Arts (voir l’article) que la Fondation Bemberg a pu acheter ce tableau inédit de Michel-Ange Houasse à la galerie Talabardon et Gautier [1].


Michel-Ange Houasse (1680 – 1730)
Une partie d’ânes
Huile sur toile - 70,5 x 88,1 cm
Toulouse, Fondation Bemberg
Photo : Talabardon et Gautier
Voir l´image dans sa page

Le peintre se forma auprès de son père, René-Antoine Houasse et le suivit en Italie lorsqu’il fut nommé directeur de l’Académie de France à Rome. De retour à Paris, il fut reçu comme peintre d’histoire à l’Académie en 1707 avec Hercule jetant Lycas à la mer, et devint peintre ordinaire du roi en 1710. Mais c’est à la cour d’Espagne que Michel-Ange Houasse mena toute sa carrière ou presque, obtenant le titre de Pintor de cámara du roi Philippe V. Il peignit les portraits de la famille royale, avant d’être supplanté par Jean Ranc dans ce domaine, des tableaux d’histoire également, ainsi que des paysages et des scènes de genre, représentant aussi bien les bals des paysans que les concerts de la haute société.
Ici il choisit un ton burlesque en jouant du contraste entre le raffinement des personnages et la trivialité de leur occupation. On ne sait quel est le sujet précis de celle-ci. S’agit-il d’un jeu, d’un portrait collectif, de la représentation d’un événement particulier ? Houasse mit en scène à plusieurs reprises des assemblées joyeuses, par exemple Le Jeu du Zurriago ou encore Les Villageois dans la forêt, composition dans laquelle on retrouve le motif de l’âne.
La plupart de ses scènes de genre sont conservées dans les collections royales espagnoles. Il est probable que celle-ci soit une œuvre tardive, laissée inachevée. La restauration a en effet révélé une zone dans les arbustes, où la couche préparatoire est visible. Deux dessins préparatoires, l’un étudie la figure de l’homme tombé au sol, l’autre un des cavaliers. Ils sont réalisés à la sanguine, ce qui est relativement rare dans l’œuvre de Houasse.
L’artiste est revenu à plusieurs reprises en France à la fin des années 1720 et peut-être a-t-il été influencé par les scènes de Jean-François de Troy, de Nicolas Lancret et de Jacques Autreau.

Il eut quant à lui une influence sur la peinture espagnole, au delà de ses élèves Antonio González Ruiz, Juan Bautista Peña ou encore Pablo Pernicharo Peut-être Goya vit-il cette partie d’âne lui qui représenta ,La Chute, sur un ton plus dramatique, puisque l’une des femmes qui voyagent à dos d’âne est tombée de sa monture et semble avoir perdu connaissance.

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