Un tableau de Pascal Dagnan-Bouveret retrouvé à Bagneux

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1. Pascal Dagnan-Bouveret (1852 - 1929)
Portrait de Saint Herbland, 1878
Huile sur toile, 200 x 120 cm
Bagneux, église Saint-Hermeland
Photo : Atelier de Vanves
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23/9/19 - Patrimoine - Église Saint-Hermeland, Bagneux - Bagneux, ville au sud de Paris, abrite dans son centre historique l’église Saint-Hermeland datant du XIIe siècle et classée depuis 1862 à l’inventaire des monuments historiques. C’est dans la cave de son presbytère qu’a été retrouvée par le père Yves Morel, parmi d’autres, une toile représentant grandeur nature un abbé auréolé. Il informa alors la municipalité, ne sachant qu’en faire (ill. 1)...
À partir de ce signalement, on ne peut que saluer le travail de Valérie Maillet, responsable des archives et du patrimoine culturel pour la Mairie de Bagneux, qui est à l’origine de l’identification du tableau et de la volonté de lui rendre son aspect et sa place d’origine au sein de l’église.

Selon un inventaire rédigé en 1880, il s’agit d’un portrait de Saint Herbland, variante du nom de ce prêtre originaire de Noyon qui dirigea une petite communauté monastique non loin de Nantes et qui donne son nom à cette église où certaines de ses reliques sont conservées. Il a été peint en 1878 par Pascal Dagnan-Bouveret suite à une commande publique du département de la Seine. Le tableau fut exposé au Salon de 1880. Le musée du Petit Palais en conserve une petite esquisse à l’huile, qui est restée longtemps l’unique témoignage de l’œuvre (ill. 2).

2. Pascal Dagnan-Bouveret (1852 - 1929)
Saint Herbland esquisse
Huile sur toile - 36 x 21,2 cm
Paris, Petit Palais
Musée des Beaux-Arts de la Ville
Photo : Petit Palais
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Élève de Gérôme et de Cabanel, Pascal Dagnan-Bouveret montra dans sa peinture un académisme teinté de naturalisme et de symbolisme. L’État, au XIXe siècle, s’affranchit de ses liens avec l’Église via plusieurs lois de sécularisation, les artistes furent alors confrontés au questionnement sur la représentation de l’identité religieuse. La tradition se devait d’être revitalisée. Dagnan-Bouveret mit à profit la photographie pour proposer une description précise et détaillée de ses sujets entièrement traités en atelier. Ses compositions dépassent le simple rendu réaliste ; ce qui pourrait être anecdotique se fait allégorie. Ainsi dans ce portrait, il utilisa un palette relativement restreinte de bruns pour camper un personnage monumental qui se détache sur un fond d’architecture religieuse. Ses attributs sont clairement définis et se suffisent : la robe de bure, le Livre et la crosse. La fine auréole dorée autour de sa tête fait écho à la lumière qui semble émaner du personnage. Son regard sévère le met en lien direct avec le ciel.

3. Intérieur de l’église Saint-Hermeland de Bagneux
Carte postale éditée entre 1890 et 1920
Pluchet Editeur
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On sait avec certitude que le portrait de saint Hermeland fût exposé au fond de la nef de l’église de Bagneux jusqu’au début du XXe siècle (ill. 3). On perdit ensuite sa trace. Sans doute fut-il décroché en 1987 alors que débutait une campagne de restauration de la nef et du chœur de l’église, puis rangé et oublié [1]. Ainsi, la toile et son châssis ont quelque peu souffert de mauvaises conditions de stockage, provoquant déchirures et chocs [2]. Il semble même que des objets lourds aient été déposés sur la toile. Bien heureusement, un travail de fond a été réalisé afin que le tableau retrouve son état premier [3].

La toile figurera à l’exposition Trésors de banlieue qui se tiendra à Gennevilliers du 4 octobre au 30 novembre 2019 où il sera exposé parmi quelques 250 œuvres. Valérie Maillet en a rédigé la notice pour le catalogue.

Caroline Girard

Notes

[1Le Guide des tableaux conservés dans les édifices publics et privés, dans la collection Patrimoine des Hauts-de-Seine, volume 1, publié en 2007, en reproduit une photographie noir et blanc, p. 55 et le mentionne comme "non localisé"

[2D’après les premiers constats des restauratrices de l’Atelier de Vanves, l’œuvre ayant été confiée à Rafaëlle Rosini.

[3Pour ce faire, une subvention de 2935 euros HT a été accordé au titre de la Conservation des antiquités et objets d’art à la commune par le Conseil départemental des Hauts-de-Seine.

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