Un tableau de Whistler donné au musée Stéphane Mallarmé

21/02/19 - Acquisition - Vulaines-sur-Seine, musée départemental Stéphane Mallarmé - Le musée départemental Stéphane Mallarmé s’est enrichi d’un portrait de Geneviève Mallarmé par James Abbott McNeill Whistler. S’il demeurait en mains privés chez les descendants de Stéphane Mallarmé, le tableau avait déjà été exposé publiquement, notamment lors de la rétrospective Whistler du musée d’Orsay en 1995. Il a été légué au Département de Seine-et-Marne par une des héritières du poète et rejoindra les cimaises du musée à partir du 1er mars. Ce portrait vient compléter le corpus très restreint des trois œuvres de Whistler conservées par le musée d’Orsay [1], jusqu’alors seules peintures de l’artiste américain dans les collections publiques françaises.


James Abbott McNeill Whistler (1834-1903)
Rose et gris : portrait de Geneviève Mallarmé, 1897
Huile sur panneau - 20,6 x 12,2 cm
Vulaines-sur-Seine, musée départemental Stéphane Mallarmé
Photo : musée départemental Stéphane Mallarmé
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Intitulé Rose et gris : Geneviève Mallarmé, d’après la description qu’en fait Whistler - « le petit tableau de la princesse en son boudoir rose et gris » -, ce petit portrait représente la fille unique de Stéphane Mallarmé. Il a été réalisé le 20 octobre 1897 lors d’un séjour de Whistler dans la maison de Valvins, petite résidence de vacances du poète qui abrite aujourd’hui le musée départemental qui lui est dédié. La jeune femme est assise de trois-quart dans un fauteuil, qui semble être en bois laqué blanc et tapissé de rouge, placé devant une cheminée esquissée sur la droite. Ses bras reposent sur les accoudoirs et son visage est tourné vers le spectateur qu’elle regarde. Elle porte une robe rose aux manches bouffantes et à la taille ceinturée qui laisse apparaître le fond gris pâle du panneau, dans des tonalités qui rappellent le grand portrait Harmony in Pink and Gray : Portrait of Lady Meux de la Frick Collection. Le fond laissé apparent et la touche rapide et légère ont tout de l’exécution sur le vif retenant le modèle dans son intimité. Le cadre doré serait d’origine.

Mallarmé et Whistler, que Monet présenta en 1888, furent très amis et ne cessèrent, à l’image de ce portrait, d’échanger des signes de reconnaissance et d’hommage. Dès 1888, Mallarmé traduit en français « Ten O’Clock » de Whistler, la conférence sur l’art qu’il donna à Londres en 1885, qui paraît dans La Revue indépendante. En 1894, il réalise, avec celui de Manet, son portrait littéraire qui sera repris dans les Quelques médaillons et portraits en pied des Divagations en 1897. De son côté, Whistler lui offre de nombreuses épreuves de ses lithographies, celles qu’il crée pour la revue The Whirlwind - dont certaines inspirent des poèmes, The Dancing Girl, tandis que d’autres les illustrent, The Tyresmith -, ou son portrait que Mallarmé choisit comme frontispice pour l’édition de Vers et Prose de 1894.

Whistler, Manet, Gauguin, Renoir, Nadar, Munch, Picasso, nombreux sont les artistes à avoir réalisé un portrait du poète, le plus célèbre étant le petit portrait peint par Manet en 1876 conservé par le musée d’Orsay. Le musée départemental Stéphane Mallarmé leur a consacré une exposition en 2013 [2].

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