Un trompe-l’œil de Jean-Jacques Lequeu préempté par le Musée des Beaux-Arts de Rouen

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Jean-Jacques Lequeu (1757-1826)
Trompe-l’œil
Gouache - 30 x 37 cm
Préempté par le Musée des Beaux-Arts de Rouen
Photo : SVV Bailleul & Nantas
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2/4/18 - Acquisition - Rouen, Musée des Beaux-Arts - Dans une vente organisée ce lundi de Pâques à Bayeux par Mes Bailleur et Nantas à Bayeux, le Musée des Beaux-Arts de Rouen a préempté, pour 9 700 € (hors frais) un trompe-l’œil à la gouache de Jean-Jacques Lequeu, fascinant architecte de la fin du XVIIIe siècle, élève de Soufflot, auteur de projets monumentaux dans un esprit proche de ses confrères Étienne-Louis Boullée et Claude Nicolas Ledoux.

Juste après que Sylvain Amic, directeur du Musée des Beaux-Arts, s’est levé pour annoncer la préemption, le commissaire-priseur, Me Bailleul, dans un louable souci pédagogique, lui a demandé s’il pouvait expliquer celle-ci. Et le conservateur s’est exécuté bien volontiers, rappelant que son musée et celui du Petit Palais à Paris présenteraient une rétrospective consacrée à cet artiste (né à Rouen) en novembre de cette année. Il a également résumé sa carriére particulièrement riche. Bien qu’il ne construisit presque pas, se contentant de multiplier les projet utopiques, Lequeu aima en effet se représenter en travesti, fit un grand nombre de dessins érotiques ou de figures grimaçantes, évoquant parfois les têtes de Messerschmidt. Nous renvoyons pour en savoir davantage - en attendant les expositions de la fin d’année - à cet article bien documenté du blog de l’historienne de l’art Johanna Daniel.

La gouache acquise par Rouen est assurément beaucoup plus sage. Ce trompe-l’œil est proche de ceux, plus ou moins contemporains, de Gaspard Gresly et Dominique Doncre. Le Musée des Beaux-Arts conserve des œuvres de ces artistes, ainsi que des trompe-l’œil par d’autres peintres tels que Louis-Léopold Boilly ou François Jouvenet. Il les avait exposés il y a un an dans le cadre du Temps des collections (voir l’article). Ici, Lequeu crée même un trompe-l’œil dans le trompe-l’œil. Le faux dessin central, dont on voit l’ombre des bords qui se relèvent, est lui même réalisé de cette manière, l’oiseau mort semblant dépasser réellement du meuble sur lequel il est posé [1].

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