Un Vouet romain pour le Musée des Beaux-Arts de Strasbourg

25/6/19 - Acquisition - Strasbourg, Musée des Beaux-Arts - L’achat que vient de faire le Musée des Beaux-Arts de Strasbourg, avec un financement à parité de la Société des Amis des Arts et du Fonds du Patrimoine est de ceux qui marquent la vie d’un musée. Il s’agit en effet d’un grand retable de Simon Vouet, datant de ses années italiennes. Ce Martyre de sainte Catherine, acquis directement d’un collectionneur privé, avait été présenté dans la rétrospective de Nantes en 2008. Dans notre recension, nous avions écrit à propos de cette toile qu’elle était en « pauvre condition », ce dont témoigne la photographie. Elle fera l’objet d’une restauration fondamentale de la couche picturale au C2RMF qui commencera à l’automne prochain.


1. Simon Vouet (1590-1649)
Le Martyre de sainte Catherine, vers 1620-1621
Huile sur toile - 173 x 115,5 cm
Strasbourg, Musée des Beaux-Arts
Photo : MBA de Strasbourg
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L’image est frappante. Agenouillée juste avant son supplice, la sainte lève les yeux au ciel d’où apparaît un ange plongeant, évidemment inspiré par celui venant vers saint Matthieu dans le retable de Caravage de la chapelle Contarelli à Saint-Louis-des-Français.


2. Claude Mellan (1598-1688), d’après Simon Vouet (1590-1649)
Le Martyre de sainte Catherine, 1625
Burin - 44,5 x 28,5 cm
New York, The Metropolitan Museum of Art
Photo : The Metropolitan Museum of Art
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Le tableau a longtemps été connu seulement par une gravure de Claude Mellan (ill. 2) datée de 1625. Le caractère encore fortement caravagesque de l’œuvre témoigne d’une datation assez tôt, probablement au tout début des années 1620 comme l’écrit Dominique Jacquot qui y note également une influence bolonaise.
Un dessin préparatoire pour l’ange (ill. 2) est conservé dans une collection privée parisienne.


3. Simon Vouet (1590-1649)
Étude d’ange, vers 1620-1621
Pierre noire et rehauts de craie blanche et de sanguine sur papier bleu - 17,8 x 18,8 cm
Paris, collection particulière
Photo : Photographe inconnu (domaine public)
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L’œuvre s’inscrit bien dans le parcours des collections du musée : celui-ci, riche en peintures étrangères, renforce depuis quelques années son fonds de peinture ancienne française, notamment du XVIIe siècle avec des œuvres de Michel Dorigny, le gendre et élève de Vouet (voir la brève du 7/9/08), de Reynaud Levieux (voir la brève du 15/12/15) et d’Eustache Le Sueur l’an dernier (voir la brève du 20/6/18). De Vouet lui-même [1], il conserve déjà une toile de la période française, Loth et ses filles, qui avait fait l’objet d’une exposition en 2005 (voir l’article). Cela fait longtemps néanmoins qu’un tableau de cette importance n’avait pas été acquis.

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