Une allégorie de Jan van den Hecke à la Villa Vauban

Jan van den Hecke (1620–1684)
Allégorie de l’ouïe, 1650
Huile sur toile - 58,5 x 44 cm
Luxembourg, Villa Vauban
Musée d’Art de la Ville
Photo : Villa Vauban
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19/10/11 - Acquisition - Luxembourg, Villa Vauban - Musée d’Art de la Ville - Les Amis des Musées d’Art et d’Histoire Luxembourg ont donné un tableau flamand du XVIIe siècle à la Villa Vauban à l’occasion de la réouverture de celle-ci en mai 2010, après cinq ans de travaux. Construite pour un industriel entre 1869 et 1873, par l’architecte Jean-François Eydt, sur les vestiges du fort de Vauban, la villa devint par la suite une galerie d’art municipale, qu’une rénovation et une extension en 2010 ont finalement transformée en Musée des Beaux-Arts de la Ville de Luxembourg. Les œuvres exposées sont issues des collections de la ville, constituées à partir des legs de trois amateurs luxembourgeois du XIXe siècle qui appréciaient notamment l’âge d’or hollandais et le XIXe français.

La peinture offerte est une Allégorie de l’ouïe par Jan Van den Hecke. Acquise chez un antiquaire de La Haye, Hoogsteder & Hoogsteder, elle était passée deux fois en vente à Zurich, le 24 mars, puis le 22 septembre 2006, où elle fut adjugée 14 000 francs suisses. Des instruments de musique, une flûte et un luth, ainsi que les partitions d’un Laudate dominum sont placés devant le buste sculpté d’une jeune fille, représentée la bouche entrouverte comme si elle chantait. La nature accompagne la mélodie humaine par le chant des oiseaux, une mésange charbonnière et un martin-pêcheur, tandis qu’une montre et des fleurs (primevères, orties et crocus…) rappellent la fragilité de la vie et le temps qui passe, d’où la nécessité de louer le Seigneur. Cette toile faisait partie d’une série sur les cinq sens, citée dans deux inventaires de la collection de l’archiduc Léopold ?Guillaume d’Autriche, l’un réalisé en 1659 à Bruxelles, l’autre effectué par Ferdinand Storffer en 1730 à la Stallburg à Vienne où les œuvres de l’archiduc furent conservées quelques années. 
Cette toile complète les fonds de peintures flamandes et hollandaises du XVIIe siècle du musée qui, étonnamment, étaient jusqu’ici dépourvus de nature morte. La formule d’une figure en buste (sculpté ou peint) encadrée d’un cartouche fleuri se retrouve chez Daniel Seghers. On devine aussi l’influence de Jan Davidsz de Heem bien que Hecke joue sur des effets de lumières plus contrastés.

Elève d’Abrahams Hack en 1637, Jan van den Hecke fut reçu maître à Anvers en 1642. Il voyagea en Italie entre 1653 et 1658, où il réalisa en 1656, pour son mécène le duc Bracciano, douze gravures représentant des animaux domestiques. Enfin il s’installa définitivement à Anvers en 1659 et semble être reconnu pour ses natures mortes et ses paysages. La Renommée n’a pas porté l’œuvre du peintre à travers les siècles, sa trompette était sans doute bouchée ou alors notre époque est sourde.

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