Une Charité romaine d’après Primatice préemptée par Fontainebleau

20/5/19 - Acquisition - Fontainebleau, Musée national du château - Le château de Fontainebleau vient de préempter, pour 3 000 € (sans les frais), une Charité romaine d’après Primatice proposée à la vente par la SVV Siboni ce dimanche 19 mai. Copie d’une composition d’un compartiment de la voûte de la galerie d’Ulysse - qui se trouvait dans l’aile sud de la grande Basse-Cour du château de Fontainebleau, elle est une nouvelle illustration de ce grand décor Renaissance détruit en 1739. Le château conservait déjà trois copies peintes du décor des parois de cette galerie : deux tableaux de Ruggiero de Ruggieri achetés en 1995 et le panneau de Minerve veillant à la toilette d’Ulysse récemment acquis auprès d’Étienne Bréton (Saint-Honoré Art Consulting) grâce à une souscription (voir la brève du 29/5/18) pour un montant bien supérieur de 300 000 €. Une future exposition devrait être consacrée à la postérité de la galerie d’Ulysse.


Seconde Ecole de Fontainebleau, début du XVIIe siècle
d’après Primatice (1504-1570)
La Charité romaine
Huile sur toile - 98 x 79,5 cm
Fontainebleau, Musée national du château
Photo : SVV Siboni
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Les compositions de la galerie réalisées par Nicollò dell’Abate entre 1540 et 1571 sont connues par les dessins préparatoires de Primatice, les gravures de Theodore van Thulden publiées en 1633 et les rares copies peintes anciennes conservées. Ces dernières concernent essentiellement les décors des parois - dédiés à l’Odyssée - et plus rarement les scènes mythologiques de la voûte dont on conserve surtout des dessins. Il s’agit ici d’une copie du début du XVIIe siècle de La Charité romaine qui ornait la voûte de la douzième travée de la galerie. Son auteur n’a pas été identifié mais il s’agit probablement d’un artiste franco-allemand proche de la seconde école de Fontainebleau. Le tableau qui présente de nombreux repeints bénéficiera d’une importante restauration.

Allégorie de la piété filiale, la scène représente Cimon, condamné à mourir de faim en prison, secrètement allaité par sa fille Péro accompagnée d’une seconde figure féminine, la Pudicité. Elle reprend la composition d’un dessin à la sanguine de Primatice conservé par le musée du Louvre mais ajoute deux visages de gardiens qui observent la scène depuis une fenêtre placée à l’arrière plan en haut à gauche. Ce sujet de la Charité romaine, cher à François Ier, avait déjà été traité au château de Fontainebleau. Un tableau d’Andrea del Sarto exécuté entre juin 1518 et mars 1519 pendant son bref séjour en France et aujourd’hui conservé au Louvre, était exposé dans l’Appartement des Bains tandis que Rosso Fiorentino ornait de ce thème un cartouche de la cinquième travée de la galerie François Ier entre 1535 et 1539.

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