Une esquisse de Gervex acquise par le Musée Fabre

9/7/19 - Acquisition - Montpellier, Musée Fabre - Le Musée Fabre a acquis aujourd’hui à Londres, dans une vente Sotheby’s à Londres aujourd’hui et pour 22 500 livres (avec les frais), une esquisse d’Henri Gervex (ill. 1) pour un tableau conservé au Musée d’Art et d’Histoire de La Rochelle, la Baigneuse endormie (ill. 2), présenté au premier Salon auquel participa l’artiste en 1873.


1. Henri Gervex (1852-1929)
La Baigneuse endormie
Huile sur toile - 52 x 84 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Sotheby’s
Voir l´image dans sa page

Élève de Cabanel, Gervex est assurément un peintre inclassable, surtout pour ceux qui veulent voir la peinture de la seconde moitié du XIXe siècle divisée entre les gentils (en gros les Réalistes autour de Courbet et les Impressionnistes) et les méchants (les Académiques). Car Gervex est un peu tout cela, comme d’ailleurs plus d’artistes que l’on ne pense. Son œuvre la plus célèbre, Rolla, conservée à Bordeaux, n’est assurément pas celle d’un peintre officiel ou qui souhaite plaire au plus grand nombre : elle fit scandale à tel point qu’elle fut exclue du Salon, pour des raisons finalement pas si éloignées de celles qui causèrent des ennuis à Manet pour le Déjeuner sur l’herbe.


2. Henri Gervex (1852-1929)
La Baigneuse endormie, 1873
Huile sur toile - 111 x 201 cm
La Rochelle, Musée d’Art et d’Histoire
Photo : Sotheby’s
Voir l´image dans sa page

L’esquisse achetée par Montpellier témoigne également, surtout si on la compare à l’œuvre terminée, de ces tendances diverses qui coexistent chez Gervex. Si le tableau achevé peut être incontestablement qualifié d’académique, voire de pompier, son étude, bien que reprenant rigoureusement la même pose de la baigneuse, est beaucoup moins idéalisée. Son insertion dans le paysage, devant un grand rocher, et la manière dont elle est peinte, très épaisse, comme au couteau, évoquent bien davantage l’art de Gustave Courbet.
On retrouve finalement chez ce peintre le résultat de l’enseignement de Cabanel, finalement assez libéral et qui laissait chacun des ses élèves développer sa propre personnalité.

Cet achat témoigne de la volonté du Musée Fabre de développer sa collection autour de Cabanel, l’une des grandes figures montpelliéraine à qui il avait consacré une rétrospective en 2010 (voir l’article) et de ses élèves. Le musée en possède déjà plusieurs exemples (Bastien-Lepage, Eugène Carrière, Émile Friant…) et avait acquis il y a neuf mois un tableau de George Moreau de Tours (voir la brève du 28/10/18).
Signalons également qu’à partir de mai prochain il présentera une exposition dossier sur un élève croate de Cabanel, Vlaho Bukovac.

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.