Une esquisse de la Charité de Laemlein achetée par la Piscine de Roubaix

1. Alexandre Laemlein (1813-1871)
La Charité, 1845
Huile sur panneau - 59 x 36 cm
Roubaix, Musée André Diligent-La Piscine
Photo : Galerie L’Horizon Chimérique
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11/6/17 - Acquisition - Roubaix, Musée d’Art et d’Histoire André Diligent-La Piscine - L’une des vertus théologales, la Charité est représentée comme une mère portant trois enfants dont un qu’elle nourrit de son sein. Au Salon de 1846 pourtant, le peintre Alexandre Laemlein, artiste d’origine allemande et élève de François-Édouard Picot, exposa une allégorie de la Charité bien particulière, qui s’éloigne sensiblement du modèle proposé par Cesare da Ripa. Si la femme porte trois enfants, chacun est d’une couleur différente : un noir, un peau-rouge, celui-ci embrassant le troisième qui est blanc. Un quatrième enfant asiatique, plus âgé, s’agrippe à la tunique de la Charité tandis que d’autres personnages témoignent autour d’elle d’actions charitables (un couple accueille un autre enfant, un homme en vêt un sixième). Enfin, une vieille femme agenouillée essuie ses larmes sur le vêtement du personnage principal.

Laemlein peint ici un tableau militant pour l’égalité entre les races. La légende de la gravure exécutée d’après le tableau explicite la pensée de l’artiste : la Charité doit « distribuer les biens dont elle dispose entre tous, sans distinction de races, de pays ou de cultes » [1]. Il s’agit ici d’un véritable « retable laïque » selon l’expression de Jérôme Montcouquiol [2]. Ce même auteur reproduit dans son article de nombreuses œuvres préparatoires au tableau du Salon : une sanguine encore assez esquissée dans une collection particulière parisienne, une esquisse peinte au Musée Léon Dierx de la Réunion assez proche de ce dessin, et un autre dessin très abouti, ayant peut-être servi à la gravure, dans une autre collection parisienne.
Le Musée d’Art et d’Histoire André Diligent-La Piscine de Roubaix vient d’acquérir auprès de la galerie bordelaise L’Horizon Chimérique une autre esquisse peinte, jusqu’ici inédite, signée et datée de 1845, sans différence notable avec le grand tableau. Ce dernier, à nouveau présenté à l’Exposition Universelle de 1855, fut longtemps déposé à la préfecture de Draguignan,. Il est conservé depuis 1986 conservé au Musée des Beaux-Arts de Caen.

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