Une esquisse de la Crucifixion par Flandrin acquise par Lyon

18/3/18 - Acquisition - Lyon, Musée des Beaux-Arts - Le décor d’Hippolyte Flandrin à l’église Saint-Germain-des-Prés est une des entreprises majeures de la peinture religieuses du XIXe siècle. Dans les années 1970, il se trouvait pourtant encore des élus assez incultes pour oser proposer de « rendre l’église romane à sa pureté originale ». Le député du VIe s’appelait Pierre Bas et il voulait tout simplement effacer Flandrin de l’église, un projet heureusement jamais mené à bien.
Malgré l’abandon des édifices religieux de la capitale par la Mairie de Paris, le mécénat du fonds de dotation pour le rayonnement de Saint-Germain-des-Prés est en train de sauver cette œuvre exceptionnelle et après la restauration du chœur (voir cet article) et celle du transept (voir la brève du 22/12/17), le chantier de la nef a pu aujourd’hui commencer.


Hippolyte Flandrin (1809-1864)
La Crucifixion, 1860
Huile sur carton - 45,7 x 60,3 cm
Lyon, Musée des Beaux-Arts
Photo : W.M. Brady & Co.
Voir l´image dans sa page

Son programme iconographique juxtapose dans chaque travée, et de chaque côté, deux épisodes du Nouveau et de l’Ancien Testament se répondant. Ainsi, par exemple, L’Annonciation se trouve à côté de Moïse se prosternant devant le Buisson ardent, ces deux épisodes contant une histoire de révélation, ou La Résurrection du Christ avec Jonas rendu au jour par le monstre marin, deux scènes de renaissance. La Mort de Jésus-Christ sur le Calvaire se trouve à côté d’une autre scène de sacrifice, celui d’Isaac par Abraham, à la quatrième travée du côté droit.

C’est un modello pour cette Crucifixion que le Musée des Beaux-Arts de Lyon vient d’acheter auprès de la galerie Mark Brady à New York, qui l’avait exposé lors du premier salon Paris Fine Art en novembre dernier. Dans l’œuvre définitive, qui sera donc bientôt rendue à sa splendeur première, le visage du Christ a été peint par Paul Flandrin sous les traits d’Hippolyte [1].

Le musée poursuit ainsi un politique très déterminée d’enrichissement de sa collection de peintures lyonnaises du XIXe siècle (voir notamment cette brève récente). Il conservait déjà plusieurs esquisses pour ce même décor, et plusieurs autres sont dans des musées français et étrangers. Nous avions fait un point rapide sur ce sujet à l’occasion de l’acquisition par le Musée Carnavalet d’une autre œuvre de la même série en 2003 (voir la brève du 8/8/03).

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