Une esquisse du Rêve du Bonheur pour le Louvre

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28/6/19 - Acquisition - Paris, Musée du Louvre - Le Musée du Louvre vient d’acquérir, par l’intermédiaire de Nicolas Joly, une esquisse pour Le Rêve du Bonheur (ill. 1). Exposé au Salon de 1819, où il fut acquis par Louis XVIII, le Rêve du Bonheur bien que peint par Constance Meyer (ill. 2) fut largement élaboré avec Pierre-Paul Prud’hon, ce dernier étant l’auteur des esquisses et dessins préparatoires.


1. Pierre-Paul Prud’hon (1758-1823)
Le Rêve du Bonheur
Huile sur toile - 24,5 x 30 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : Joly Art Conseil
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2. Constance Mayer La Martinière (1775-1821)
Le Rêve du Bonheur, 1819
Huile sur toile - 132 x 84 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : RMN-GP/D. Arnaudet
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Le livret du Salon explique le sujet : « deux jeunes époux dans une barque avec leur enfant sont conduits sur le fleuve de la Vie par l’Amour et la Fortune ». C’est la vie dont rêvait Constance Meyer qu’elle représente dans cette toile. Ne pouvant épouser Prud’hon, déjà marié à une femme interné et rétif, même s’il avait été libre, à se remarier, Constance Meyer dépressive finit par mettre fin à ses jours.
Outre la présence de deux Amours [1], la principale différence avec l’œuvre achevée réside dans l’absence de la draperie de l’homme qui, dans le tableau achevé, s’envole au vent. Une autre esquisse est également conservée au Musée des Beaux-Arts de Lille (ill. 3).


3. Pierre-Paul Prud’hon (1758-1823)
Le Rêve du Bonheur
Huile sur toile - 26 x 30 cm
Lille, Musée des Beaux-Arts
Photo : RMN-GP/S. Maréchalle
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4. Jean-Baptiste Greuze (1725-1805)
La Barque du Bonheur
Lavis gris
Rotterdam, Museum Boijmans van Beuningen
Photo : Museum Boijmans van Beuningen
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Encore très esquissée et montrant des repentirs, l’étude peinte acquise par le Louvre permet de mieux comprendre la genèse de l’œuvre. Si celle-ci fut conçue par les deux amants, l’iconographie peut venir de Constance Mayer : comme le rappelle Sylvain Laveissière dans le catalogue de la rétrospective de 1997, l’un de ses premiers maîtres, Greuze, avait travaillé sur ce sujet de la barque de la vie, laissant deux dessins au lavis, La barque du malheur (Tournus, Musée Greuze) et La barque du bonheur (ill. 4). Ce dernier montre un couple ramant, aidé par l’Amour, pour éloigner la barque loin d’un précipice, pendant que ses deux enfants dorment. La composition du tableau est sensiblement proche de celle du dessin malgré l’emplacement différent des protagonistes, la Fortune remplaçant les deux parents qui rament dans le lavis de Greuze.

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