Une exposition de paysages d’Italie galerie Maurizio Nobile

12/4/11 - Marché de l’art - Paris - Il y a quelques mois, un marchand de tableau italien, Maurizio Nobile, venait s’installer à Paris, nouvelle preuve de l’attractivité que semble présenter désormais la capitale française pour la peinture et les dessins anciens, une tendance dont il y a lieu de se féliciter.


1. Clemente Spera (vers 1661-1742) et
Sebastiano Ricci (1659-1734)
Ruines antiques avec figures
Juile sur toile - 65 x 88 cm
Paris, Galerie Maurizio Nobile
Photo : Galerie Maurizio Nobile
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2. Leonardo Coccorante (1680-1750)
Ruines dans un paysage sur la côte
Huile sur toile - 77,5 x 129,5 cm
Paris, Galerie Maurizio Nobile
Photo : Galerie Maurizio Nobile
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Jusqu’au 21 mai 2011, cette nouvelle galerie montre une sélection de paysages et caprices de la fin du XVIIe au XIXe siècle qui contient quelques tableaux particulièrement intéressants. L’exposition est accompagnée d’un catalogue entièrement illustré en couleur et riche de notices très complètes (en italien et français).
Trois Gaspard van Wittel, dit Vanvitelli, témoignent des débuts du vedutisme en Italie, notamment une Vue du Château Saint-Ange à Rome, exemple précoce de l’art du peintre puisqu’il date de son arrivée à Rome aux environs de 1674, âgé d’une vingtaine d’années.
Beaucoup moins connu, le lombard Clemente Sperra était à peu près contemporain de Vanvitelli. Un caprice (ill. 1) de cet artiste est exposé, dont les figures sont peintes par Sebastiano Ricci. Comme beaucoup de peintures de paysages italiens au XVIIIe siècle, cette toile avait été achetée par un voyageur anglais, Sir Francis Dashwood, pendant son Grand Tour.
Autre peintre notable, le napolitain Leonardo Coccorante est également l’auteur de Ruines dans un paysage sur la côte (ill. 2) également réalisées pour les personnages avec l’assistance d’un confrère, probablement Giovanni Marziale et (ou) Giuseppe Tomajoli, deux de ses collaborateurs réguliers.
On ne verra pas de Guardi ni de Canaletto dans l’exposition, mais celle-ci montre une Vue du Grand canal avec la Piazzetta par l’anglais William James qui tente de rivaliser avec ce dernier.


3. Jean Barbault (1768-1862)
Caprice avec la pyramide de Cestius
Huile sur toile - 50 x 65 cm
Paris, Galerie Maurizio Nobile
Photo : Galerie Maurizio Nobile
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4. Jean Barbault (1768-1862)
Caprice avec sarcophage à strigiles et obélisque
Huile sur toile - 50 x 65 cm
Paris, Galerie Maurizio Nobile
Photo : Galerie Maurizio Nobile
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On signalera également une intéressante réattribution, en relation avec une exposition récente du Musée de Strasbourg (voir l’article). Une paire de Caprices (ill. 3 et 4) naguère attribuées à Panini puis à Clérisseau semble en effet être due au pinceau de Jean Barbault, notamment en la comparant avec deux toiles : Ruines avec le temple de Jupiter et Ruines avec la pyramide de Cestieus et le temple de la Sibylle. Les quatre toiles, d’un style fort proche, sont de même dimension et il est possible qu’elles fassent partie d’une même commande.


5. Carlo Grubacs (vers 1801-1870)
Vue de Venise durant la fête du Rédempteur
Huile sur panneau - 67,5 x 100 cm
Paris, Galerie Maurizio Nobile
Photo : Galerie Maurizio Nobile
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Pour conclure, on a souvent l’habitude de dire que l’art des vedute vénitiennes disparaît avec le XVIIIe siècle. Ce constat doit cependant être nuancé, par exemple avec les œuvres de Carlo Grubacs dont deux toiles sont présentées dans l’exposition, notamment une grande nocturne Vue de Venise durant la fête du Rédempteur (ill 5) qui ne manque pas de qualités.

Rêve d’Italie. Paysages et caprices du XVIIe siècle au XIXe siècle, Galerie Maurizio Nobile, 45, rue de Penthièvre, 75008 Paris. Tél : + 33 (0)1 56 63 07 75. Exposition du 31 mars au 21 mai 2011.

Site de la galerie Maurizio Nobile.

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