Une noix de coco pour un musée de Malines

22/7/19 - Acquisition - Malines, Musée Hof van Busleyden - Une noix de coco montée en coupe sur une structure orfévrée par Thierry Ier van Eyck [1] en 1602-1603, a récemment rejoint les collections du Musée Hof van Busleyden de Malines. Elle a été achetée avec l’aide de la Fondation Roi Baudouin à la galerie de Philippe d’Arschot à Bruxelles. Le galeriste précise qu’il s’agit du seul exemplaire du genre connu à Malines. Le poinçonnage malinois du début du XVIIe siècle est encore très peu étudié ; le poinçon de ville en particulier diffère sensiblement de celui qui sera utilisé à partir de la seconde moitié du XVIIe siècle.


Malines 1602-1603
Maître orfèvre Thierry Ier van Eyck
Noix de coco montée en coupe
Argent ciselé et gravé, noix de coco - H. 27,5 cm
Malines, Musée Hof van Busleyden
Photo : Philippe d’Arschot
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Le Musée Hof van Busleyden doit son nom à la famille Busleyden. François de Busleyden, chambellan et précepteur de Philippe le Beau, occupa une vaste demeure à Malines ; celle-ci devint après sa mort propriété de son frère Jérôme qui l’embellit. Au XVIIe le palais fut transformé en Mont-de-Piété, destin similaire à celui du Musée Gruuthuse de Bruges (voir l’article). Il fut en partie détruit par un incendie pendant la Grande Guerre. Rénové, restauré, reconstruit, il devint un musée en 1938 chargé de raconter l’histoire de la ville. Plusieurs travaux furent entrepris par la suite, notamment une extension dans les années 1990. Finalement une campagne de restauration a été lancée en 2015 et le musée a rouvert ses portes en 2018.

Il possède notamment un ensemble d’orfèvrerie de Malines et d’Anvers que vient enrichir cette nouvelle pièce. L’adaptation d’une noix de coco en coupe n’est pas rare, on trouve ce genre d’objet dès le XVe siècle dans plusieurs pays d’Europe. Un exemple apparaît à l’arrière-plan d’un tableau de Petrus Christus peint en 1449 qui représente Un orfèvre dans son atelier.
Comme les coquillages, les coraux, la nacre ou divers matériaux exotiques adaptés sur de précieuses montures, cette transformation d’une noix de coco en coupe orfévrée offre une synthèse entre l’Art et la Nature. Le musée de Saint-Omer en possède une réalisée à Anvers au milieu du XVIe siècle. Le Palais des Beaux-Arts de Lille en conserve une autre, créée dans le Nord de la France vers 1519 et présentée comme une coupe de fiançailles. Contrairement à celle de Malines, elle est décorée d’un relief finement sculpté sur sa coque, mais leur agencement est comparable : maintenues toutes les deux par des barrettes sur les côtés, elles sont surmontées d’un personnage sur le couvercle.
C’est la monture la plus courante. On peut en admirer un bel exemple au Musée de la Renaissance tandis qu’une autre fabriquée à Ratisbonne vers 1610 fut présentée à côté d’une coupe de 1717 en forme d’œuf d’autruche à la Fondation Bemberg, dans l’exposition sur les « Trésors de l’orfèvrerie allemande du XVIᵉ siècle. Collection Rudolf-August Oetker » en 2016. La forme de la monture peut néanmoins varier et faire preuve d’originalité comme cette noix du Victoria and Albert Musueum devenue un faucon dont les ailes en argent se déploient.

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