Une terre cuite de Félicie de Fauveau préemptée par le Louvre

Félicie de Fauveau (1801-1886) et
Hippolyte de Fauveau (1804-1887)
Santa Reparata, 1855
Terre cuite polychrome - 90 x 33 cm
Préempté par le Musée du Louvre
Photo : Artcurial
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21/3/18 - Acquisition - Paris, Musée du Louvre -C’est une superbe acquisition que vient de faire le département des sculptures du Musée du Louvre à la vente Artcurial de ce soir, qui nous console des trois pastels de Vouet et de celui de Joseph Vivien qui vont partir vers d’autres cieux.

L’œuvre, préemptée pour 60 000 euros hors frais, sur une estimation extrêmement modeste de 10 à 15 000 dont on savait à l’avance qu’elle serait largement dépassée, est une terre cuite de Félicie de Fauveau, aidée par son frère Hippolyte de Fauveau, représentant Sainte Réparate (Santa Reparata), patronne de Florence. Il s’agit d’une grande rareté, Félicie de Fauveau, à qui une superbe exposition avait été consacrée en 2013 à l’Historial de Vendée (voir l’article) et au Musée d’Orsay (voir la brève du 12/6/13) n’ayant que très peu employé ce medium. La rétrospective n’en présentait qu’une, une tête d’ange en médaillon provenant d’une collection privée. On y voyait aussi une photographie de 1855 de la Santa Reparata, soit l’année même de sa création. Si trois exemplaires au moins ont été réalisés, aucun n’avait été retrouvé jusqu’à présent.

C’est l’épidémie de choléra qui frappa Florence en 1855 qui semble avoir incité Félicie à utiliser l’argile, pour son coût inférieur au marbre, au bronze et à l’argent, matériaux qu’elle employait habituellement. Cette matière lui plut beaucoup comme elle le dit dans une lettre : « Je suis fort occupée d’essais en terre cuite qui jusqu’à présent font merveille. Elles ne coûteront pas plus que des plâtres, seront éternelles comme les Etrusques, transportables et portant jusqu’au moindre trait de la pensée ! J’en suis à ma troisième épreuve…  [1] ». On remarquera la subtile polychromie et l’excellent état de conservation de cet objet, dont l’historique est prestigieux puisqu’il a appartenu à la princesse Marie-Antoinette de Bourbon-Siciles (1814-1898), grande-duchesse de Toscane.

Sainte Reparate a pour attributs notamment la palme du martyre (elle fut successivement brûlée, forcée à boire de la poix bouillante et finalement décapitée !) et la bannière de la Résurrection. Il s’agit d’une sainte protectrice contre le choléra, ce qui peut à la fois expliquer sa réalisation en 1855 et sa présence dans la collection de la princesse de Bourbon-Siciles qui avait attrapé cette maladie mais en avait réchappé.
La figure est insérée dans une niche selon une pratique fréquente chez Félicie de Fauveau. Son frère Hippolyte, avec qui elle cosigne parfois les œuvres, fut à la fois son collaborateur, son praticien et le chef d’atelier.

Le Louvre, qui avait déjà acquis en 2013 la splendide Lampe de l’archange Saint-Michel en bronze doré fondu par Honoré Gonon (voir la brève du 21/2/13) et en 1982 une dague en argent complète ainsi remarquablement sa représentation de l’œuvre de la sculptrice. Il reste à espérer qu’il puisse un jour acquérir un beau marbre.

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