Une version du Paradis Perdu de Cabanel acquise par Orsay

13/3/17 - Acquisition - Paris, Musée d’Orsay - « Ce tableau est heureusement une commande du roi de Bavière qui en délivrera la France en l’emportant dans ses États. J’avais une crainte horrible : c’était de rencontrer un jour cette toile dans un de nos musées. » Ainsi s’exprimait Émile Zola à propos du tableau de Cabanel, Le Paradis Perdu, commande de Maximilien II de Bavière présentée à l’Exposition Universelle de 1867, prouvant une nouvelle fois que les grands écrivains sont rarement des critiques d’art avisés.


Alexandre Cabanel (1823-1889)
Le Paradis Perdu
Huile sur toile - 122,5 x 93,3 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : Gallery 19C
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La rétrospective consacrée à l’artiste organisée par le Musée Fabre de Montpellier (voir l’article) consacrait une section à cet important tableau disparu en 1945 sous les bombardements. On y voyait plusieurs dessins préparatoires, des esquisses peintes dont deux pour la composition entière, et un tableau achevé, reprenant à une échelle plus réduite la même composition, conservé dans une collection particulière en France.
Le Musée d’Orsay a acquis en ce début d’année, auprès d’une galerie américaine (Gallery 19C à Beverly Hills), une autre superbe réplique autographe de cette toile.

L’œuvre originale, qui mesurait pas moins de 5,20 sur 3,80 m, avait pour destination une galerie historique où le roi de Bavière voulait montrer l’histoire de l’humanité en 80 tableaux, un nombre par la suite réduit à 30. Deux peintres français avaient été sollicités, Paul Delaroche et Horace Vernet, mais le premier mourut après avoir seulement peint une esquisse, et le second déclina finalement l’offre. Hippolyte Flandrin, à son tour approché, dut également renoncer pour raisons de santé et conseilla alors de se tourner vers Cabanel [1].
Il est probable que la réussite de l’œuvre et sa destination prestigieuse ait incité des collectionneurs à demander à Cabanel de leur en peindre d’autres versions. Celle que vient d’acquérir Orsay est la plus grande subsistante aujourd’hui.

Elle vient rejoindre au Musée d’Orsay plusieurs tableaux de Cabanel avec une composition nettement plus forte et saisissante que celle de la sirupeuse Vénus qui a fait tant de mal à la réputation de l’artiste.

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