Une Vierge d’Antonello da Messina donnée au Musée Poldi Pezzoli

Attribué à Antonello da Messina
(actif en 1457-1479)
Vierge lisant
Tempera et huile sur bois - 38,7 x 26 cm
Milan, Museo Poldi Pezzoli
Photo : Museo Poldi Pezzoli
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15/2/19 - Acquisition - Milan, Museo Poldi Pezzoli - Une Vierge lisant attribuée à Antonello da Messina et appartenant à une collection privée (celle de Mino Forti) a été donnée au musée Poldi Pezzoli de Milan. Elle avait déjà été présentée au public dans l’exposition consacrée au peintre en 2006 qui se tenait aux Écuries du Quirinal à Rome.
La Vierge en buste et de trois-quarts tient un livre sur lequel elle ne pose pas les yeux ; elle semble perdue dans sa méditation. Elle est couronnée par deux anges, et les lys blancs de la couronne ont fait penser à certains qu’il s’agissait peut-être de sainte Eulalie ; il manquerait néanmoins l’attribut principal de celle-ci qu’est la croix de saint André.

L’attribution à Antonello da Messina a été remise en cause - c’est souvent le cas pour cet artiste dont l’œuvre est restreint - par certains spécialistes qui y voient soit une copie d’après un original du maître, soit la réalisation d’un peintre de Valence. Cependant, la qualité de la peinture et la présence de repentirs, notamment la position de la main droite qui, à l’origine, se trouvait sur la reliure du livre, laissent penser qu’il s’agit bien d’un original, tandis que le bois de peuplier sur lequel la composition est peinte suggère une production italienne.
Parmi les partisans d’une attribution à Antonello da Messina, Roberto Longhi en 1944 a daté cette peinture entre 1460 et 1465, elle aurait donc été réalisée au cours de la période de formation de l’artiste, et influencée en outre par l’iconographie flamande. En 1953, Jan Lauts avait malgré tout souligné le style ibérique, tandis que M. Lucco en 2006 a proposé de l’attribuer à Bartolomé Bermejo. [Addendum 18 février 2019 : Mauro Natale et Gennaro Toscano ont publié en 2001 cette œuvre comme « d’après Antonello da Messina » dans El Renacimiento mediterraneo, p. 323-328, une opinion toujours d’actualité comme nous l’a confirmé Gennaro Toscano.]

Elle est en tout cas à rapprocher de plusieurs peintures attribuées, avec plus ou moins de certitude, à Antonello da Messina, la plus fameuse étant la Vierge de l’Annonciation, présentée presque de face, un livre ouvert devant elle, sans aucun détail superflu. La Madone Salting de la National Gallery et la Vierge du Walters Art Museum sont assez proches l’une de l’autre. La première porte l’enfant Jésus, l’autre tient un livre. Si leurs visages sont très différents de celui de la Vierge du Musée Poldi Pezzoli, la composition est la même, avec ces deux anges qui portent une couronne. Il y a aussi la figure du musée de Côme, aux traits identiques quoique plus épais, dont l’attribution varie entre l’Espagne et Naples selon les spécialistes, certains y ont vu une œuvre de l’atelier de Jacomart où travaillait Juan Reixach notamment.

Le musée a acquis en 2017 de nouveaux espaces, l’aile Franzini, qui permet d’exposer davantage d’œuvres offertes par les collectionneurs, ce qui encourage forcément les dons.

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