Vente à Drouot de l’atelier de Marguerite Lavrillier-Cossaceanu

1. Marguerite Lavriller-Cossaceanu (1893-1980)
L’Espace, 1929
Plâtre gommé laque - 35,5 x 29 x 25 cm
Vente Crait + Müller Drouot 25/5/18
Photo : Crait + Müller
Voir l´image dans sa page

24/5/18 - Marché de l’Art - Paris - Il fut un temps où les fonds d’atelier de sculpteurs des années 30, notamment les plâtres, étaient envoyés à la décharge. Cette époque est, heureusement, révolue, l’Art déco étant revenu quelque peu à la mode. Il n’est donc plus rare de voir des ensembles cohérents d’artistes du XXe siècle être dispersés à l’hôtel Drouot, ce qui permet de découvrir des personnalités parfois peu connues mais souvent de grand mérite, et aux collectionneurs d’acheter des œuvres de qualité vendues à des prix très raisonnables.
C’est ce qui arrivera demain à l’hôtel Drouot, salle 6 à 14 h, où la SVV Crait + Müller dispersera un ensemble dû à Marguerite Lavriller-Cossaceanu, née en 1893 et décédée en 1980.

Nous avouons bien volontiers que nous ne connaissions pas cette artiste dont beaucoup d’œuvres sont pourtant remarquables. Nous reviendrons d’ailleurs sur celle-ci très rapidement puisque l’introduction du catalogue de vente explique que le Musée Bourdelle est en cours d’acquisition de la Tête de Rhodia Bourdelle de 1935, tandis que le Musée Rollin à Autun va également enrichir sa collection de plusieurs sculptures de sa main.
Née en Roumanie, Margareta Cosaceanu arriva en France en 1922, et devint française par son mariage en 1928 avec le graveur en médaille André Lavriller. Après avoir étudié à Bucarest dans l’atelier de Dimitrie Pacquera, elle fut l’élève à Paris de Bourdelle et de son compatriote Brancusi.


2. Marguerite Lavriller-Cossaceanu (1893-1980)
La Physique, 1938
Plâtre avec points hauts en métal et plastiline - 107 x 37 x 22 cm
Vente Crait + Müller Drouot 25/5/18
Photo : Crait + Müller
Voir l´image dans sa page

Les œuvres qui vont être dispersées à Drouot montrent une forte influence de Bourdelle. Si toutes les techniques sont représentées (bronze, ciment, terre cuite, céramique émaillée…), les études et modèles en plâtre sont les plus nombreux. On y trouve des portraits (ill. 1), des figures seules, mais aussi des projets pour des monuments publics, comme la Faculté de Pharmacie à Paris, où elle réalise quatre bas reliefs et deux caryatides. On trouve dans la vente deux études pour ces dernières, et un relief pour La Physique (ill. 2).


3. Marguerite Lavriller-Cossaceanu (1893-1980)
Daci (Les Daces), 1937
Plâtre - 123 x 84 x 19 cm
Vente Crait + Müller Drouot 25/5/18
Photo : Crait + Müller
Voir l´image dans sa page
4. Marguerite Lavriller-Cossaceanu (1893-1980)
Maternité, 1937
Plâtre - 147 x 103 cm
Vente Crait + Müller Drouot 25/5/18
Photo : Crait + Müller
Voir l´image dans sa page

On signalera également deux reliefs en plâtre, l’un de grande taille (ill. 3), l’autre plus petit, préparatoires à une sculpture en pierre qui fut réalisée pour le Pavillon de Roumanie à l’Exposition internationale des Arts et des Techniques de Paris en 1937. S’y ajoute également un modèle pour la figure unique de La Maternité (ill. 4), à gauche de ce relief. Les estimations sont extrêmement modestes, puisque celle du grand modèle, haut de 123 cm, n’est que 1000 à 1500 €, tandis que le petit pourrait se vendre entre 600 à 800 €. Qui a dit que collectionner demandait de gros moyens ?


4. Marguerite Lavriller-Cossaceanu (1893-1980)
Vierge de l’église de l’Immaculée-Conception (Vrignes-aux-Boix, 1955
Plâtre avec trois points de fondement au niveau de la tête - 140 x 46 x 26 cm
Vente Crait + Müller Drouot 25/5/18
Photo : Crait + Müller
Voir l´image dans sa page

Il est intéressant de constater que le style Art déco peut se prolonger parfois tard dans le siècle. Jusque dans les années 1950, Marguerite Laviller-Cossaceanu continue de produire des œuvres comme la Vierge de l’église de l’Immaculée Conception à Vrignes-au-Bois dans les Ardennes. Il est dommage que, pour ce genre de vente, l’exposition au public ne puisse pas être plus longue. Si vous le pouvez, n’hésitez pas à vous rendre à l’hôtel Drouot ce soir (il ferme le jeudi à 21 h), ou demain vendredi entre 11 h et midi pour admirer ces œuvres avant qu’elles ne soient dispersées.

Le catalogue est en ligne et peut être consulté ici.

Vos commentaires

Afin de pouvoir débattre des article et lire les contributions des autres abonnés, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous.