Ventes de tableaux et dessins à Londres

4/7/11 – Marché de l’art – Londres – Le début du mois de juillet devient une période forte pour le marché de l’art anglais, non seulement avec les grandes ventes aux enchères, mais aussi avec des parcours dans les galeries de tableaux et de dessins et un nouveau Salon qui connaît sa deuxième édition cette année, Masterpiece. Nous ne parlerons cependant ici que des œuvres passant chez Sotheby’s et Christie’s (et Bonham’s) car nous sommes malheureusement resté trop peu de temps à Londres pour tout voir.


1. Attribué à Henry Tresham (1751-1814)
Brutus surpris par le fantôme de César
Huile sur toile - 176 x 133,5 cm
Vente Sotheby’s Londres, 7 juillet 2011
Photo : Sotheby’s
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2. Giambattista Tiepolo (1696-1770)
Jeune garçon dans un costume de page
Huile sur toile - 45,7 x 46 cm
Vente Sotheby’s Londres, 6 juillet 2011
Photo : Sotheby’s
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3. Nikolaus Knupfer (1609-1655)
La parabole du serviteur fidèle
Huile sur panneau - 38,6 x 57,6 cm
Vente Sotheby’s Londres, 7 juillet 2011
Photo : Sotheby’s
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La sélection de tableaux de Sotheby’s est de grande qualité. On y trouve aussi, outre de grands noms, des toiles plus confidentielles, aux attributions hypothétiques mais accessibles pour des montants raisonnables. On commencera par un tel tableau, attribué à un peintre irlandais à peu près inconnu, Henry Tresham (ill. 1), représentant une scène du Jules César de Shakespeare. De la vraie peinture muséale pour un prix accessible (estimation de 20000 à 30000 €).
Parmi les œuvres d’artistes plus célèbres, on citera, sans souci d’exhaustivité, Les funérailles d’un moine d’Alessandro Magnasco, La cathédrale de Salisbury par John Constable, un Philosophe de Jusepe Ribera, Le Christ dans la maison de Simon de Sebastiano Ricci, le Portrait d’un jeune garçon habillé en page par Giovanni Battista Tiepolo (ill. 2) et un très grand et somptueux Francesco Guardi représentant Le Pont du Rialto.
Curieusement, le Prince de Liechtenstein, l’un des plus importants acheteur sur le marché de l’art actuellement, et dont une partie de la collection est montrée dans une belle exposition présentée à Evian (article à venir), vend quelques toiles, certaines secondaires mais dont deux ou trois sont de réelle qualité, notamment un Jacob Jordaens ou même un tableau fragmentaire très séduisant de Nicolaus Knupfer (ill. 3), un suiveur de Rembrandt, estimé au prix raisonnable de 6000 à 8000 livres.
De la vente de dessins se détache incontestablement plusieurs « transparents » de Carmontelle (ill. 4) provenant d’un rouleau hélas découpé. En faisant tourner l’ensemble devant une source lumineuse, les différentes scènes semblaient s’animer.


4. Louis Carrogis, dit Carmontelle (1717-1806)
Paysage
Gouache et aquarelle (fragment de transparent)
Vente Sotheby’s Londres, 7 juillet 2011
Photo : Sotheby’s
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5. Louis-Léopold Boilly (1761-1845)
Christ en croix en ivoire en trompe l’œil
Huile sur toile - 63,5 x 45,7 cm
Vente Christie’s Londres, 5 juillet 2011
Photo : Christie’s
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6. Richard Westall (1765-1836)
Satan alights upon the world’s outmost orb
Plume, encre brune, crayon,
aquarelle - 24,1 x 18,7 cm
Vente Christie’s Londres, 5 juillet 2011
Photo : Christie’s
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Chez Christie’s, on retiendra surtout, outre un important tableau de George Stubbs, que l’on avait vu en 2005 dans l’exposition Stubbs & The Horse de la National Gallery (voir l’article), un extraordinaire trompe-l’œil de Louis-Léopold Boilly (ill. 5) représentant, avec un vérisme saisissant, un crucifix en ivoire d’après un modèle de François Girardon. Le type d’œuvre qui nous change des petits portraits de ce peintre, souvent répétitifs, et qui prouve son grand talent, ce que la prochaine exposition de Lille à la rentrée devrait confirmer.
Un dessin de Michel-Ange fait partie de cette vente de tableaux anciens, ce qui constitue toujours un petit événement même si celui-ci n’est pas parmi les plus beaux de cet artiste. La vente de dessin propose un bel ensemble d’aquarelles anglaises du XIXe siècle parmi lesquelles on signalera une feuille de Richard Westall représentant Satan alights upon the world’s outmost orb [1] (ill. 6), dans le goût de Füssli mais estimé à un prix très raisonnable (seulement 5000 à 7000 livres). L’œuvre est en tout cas bien plus belle que le tableau de ce dernier que l’on trouve dans la vente de tableaux, ultime peinture de l’artiste qui devait en effet être bien malade lorsqu’il l’exécuta.
Une autre feuille très importante par Goya n’est autre qu’un « trésor national » français qui devait passer en vente chez Christie’s à Paris mais qui s’était vu refuser son certificat d’exportation au dernier moment (voir la brève du 21/3/07). Nouvelle preuve que le système des trésors nationaux et du mécénat qui y est associé est réellement grippé. Notons à ce propos que le portrait d’homme de Frans Hals est également sorti de France (voir la brève du 5/12/08) et désormais en vente à Londres chez Mark Weiss.
On signalera enfin une grande feuille à l’aquarelle et gouache de Jan Erasmus Quellinus (ill. 7), un vrai chef-d’œuvre préparatoire à une peinture conservée au Château d’Aulteribe dans le Puy-de-Dôme, proposé à une estimation plutôt basse de 7000 à 10000 livres.


7. Jan Erasmus Quellinus (1634-1715)
L’idolâtrie de Salomon
Aquarelle et gouache - 64 x 54,8 cm
Vente Christie’s Londres, 5 juillet 2011
Photo : Christie’s
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On conclura chez Bonham’s avec l’un des rares tableaux français du XVIIe siècle à passer en vente cet été à Londres, une Vierge à l’enfant typique de Jacques Blanchard, estimée modestement 10 à 15000 livres.

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